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Scandales et démissions de trois ministres en Turquie

Les ministres turcs de l'Intérieur et de l'Economie ont remis leurs démissions suite à l'implication de leurs fils dans un scandale de corruption. Muammer Guler et Zafer Caglayan comptent chacun un fils parmi les 24 personnes interpellées le 17 décembre dans le dossier qui implique le directeur général de la banque publique Halkbank. Le ministre de l'Environnement, Erdogan Bayraktar, a lui aussi démissionné, mouillé dans un scandale immobilier. Ces affaires tournent au bras-de-fer entre le pouvoir politique et la Justice.
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Radio France
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 (Umit Bektas Reuters)

L'affaire Halkbank sera-t-elle un Watergate en version turque ? En tout cas elle fait trembler le pouvoir et l'économie. Et elle vient de faire ses premières victimes dans les rangs du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Le ministre de l'Intérieur, Muammer Guler et celui de l'Economie, Zafer Caglayan, ont démissionné ce mercredi, plombés par l'implication de leurs fils dans ce dossier de corruption qui tourne à la lutte entre le pouvoir politique et la Justice. L'établissement public sert de sas économique et financier entre la Turquie et l'Iran sous embargo international et 4,5 millions de dollars en liquide ont été retrouvés dans des boîtes à chaussures chez son directeur général.

Les deux jeunes hommes figuraient parmi les 24 personnes interpellées le 17 décembre. Le pouvoir avait répliqué à ces interpellations en limogeant plusieurs responsables des forces de l'ordre, dont le chef de la police d'Istanbul.

Ce mercredi matin, c'est le ministre de l'Environnement, Erdogan Bayraktar, a lui aussi présenté sa démission. Il est pour sa part mouillé dans un scandale immobilier. Il appelle du même coup le Premier ministre à faire de même.

Nouvelles manifestations contre le pouvoir turc

De nombreux observateurs de la vie politique turque voient dans ces affaires un symptôme de la lutte entre Erdogan et un prédicateur réfugié aux Etats-Unis, Fethüllah Gulen. Son mouvement, Hizmet, est très implanté dans les services de police et au sein de la Justice. Le gouvernement, de son côté, dénonce un "complot venu de l'étranger ".

Le dossier Halkbank le gêne d'autant plus qu'il reste fragile dans l'opinion. Les tensions économiques provoquées par l'affaire, avec de nouvelles attaques sur la livre turque, ont provoqué des manifestations qui visaient de nouveau le pouvoir islamo-conservateur, déjà secoué par la révolte cet été autour du parc Gezi à Istanbul. La perspective des élections municipales de mars rend e pouvoir quelque peu nerveux.

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