République tchèque : 250 000 manifestants réclament le départ du Premier ministre, trente ans après la Révolution de velours

Le populiste Andrej Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un possible conflit d'intérêts.

Des personnes tiennent des drapeaux tchèques en surplomb d\'un rassemblement anti-gouvernemental, le 16 novembre 2019, à Prague (République tchèque).
Des personnes tiennent des drapeaux tchèques en surplomb d'un rassemblement anti-gouvernemental, le 16 novembre 2019, à Prague (République tchèque). (DAVID W CERNY / REUTERS)

Environ 250 000 Tchèques ont investi le centre de Prague, samedi 16 novembre, selon le ministère de l'Intérieur, pour demander le départ du Premier ministre milliardaire Andrej Babis, accusé de corruption. Ce rassemblement s'est tenu à la veille du trentième anniversaire de la Révolution de velours, une série de manifestations et une grève générale qui a renversé le communisme dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

Ancien communiste, le populiste Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un possible conflit d'intérêts. Cette affaire concerne sa holding Agrofert, qui regroupe différentes activités dans ses vastes exploitations agricoles, dans les médias et dans le secteur chimique. Le chef du gouvernement tchèque rejette les accusations. Andrej Babis est aussi identifié comme agent dans des dossiers secrets de la police des années 1980, ce que le milliardaire a fermement démenti.

Le mouvement Million de moments pour la démocratie, organisateur de la manifestation, a appelé le Premier ministre à trouver une solution à ses conflits d'intérêts ou à se retirer. En juin, quelque 250 000 personnes s'étaient déjà rassemblées à Prague pour demander à Andrej Babis de démissionner, lors de la plus grande manifestation jamais organisée depuis la Révolution de velours.