Le gouvernement veut identifier les Français qui bénéficient d'une pension liée au régime nazi

La secrétaire d'Etat aux Armées veut "prendre le temps d'étudier les choses calmement" et "ne pas précipiter la polémique".

L\'hôtel de ville de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) occupé par les nazis, en 1941.
L'hôtel de ville de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) occupé par les nazis, en 1941. (MANUEL COHEN / AFP)

Après le vote des députés belges la semaine dernière, au tour de la France de se pencher sur les pensions versées par l'Allemagne à d'anciens collaborateurs du régime nazi. La secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, indique au Parisien, mardi 26 février, vouloir recenser quels sont les Français qui sont concernés par cette indemnisation.

Vendredi, le ministère allemand du Travail avait affirmé que 2 033 personnes, dont les trois quarts en Europe, avaient touché ces pensions en février, en vertu d'une loi allemande de 1951 qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une indemnité. Elles bénéficient aussi à d'anciens nazis ou collaborateurs étrangers du régime d'Adolf Hitler, mais également à des personnes enrôlées de force. Les ex-membres de la SS en sont exclus, comme toute personne condamnée pour crimes de guerre.

Cinquante-quatre bénéficiaires en France

Parmi ces bénéficiaires, 54 résident en France. Mais à ce stade, Paris ne connaît pas leur identité. "Nous n’avions pas connaissance de cette pension", assure Geneviève Darrieussecq au Parisien. "Qui sont ces personnes, quels sont les critères de versement… De toute évidence, ce seraient des personnes qui auraient subi des blessures après avoir servi dans la Wehrmacht, possiblement", poursuit-elle. Il s'agirait, selon la secrétaire d'Etat, d'une pension "pour assistance aux victimes de guerre civile ou militaire" versée par les Länder (les Etats allemands).

Alors que Jean-Luc Mélenchon a exigé, samedi, l'interdiction de ces pensions, ainsi que la restitution des versements, Geneviève Darrieusecq est beaucoup plus prudente sur la suite à donner. "Ça peut être des anciens soldats, des veuves… Il faut d'abord essayer de rechercher plus finement de qui il peut s'agir, il ne faut pas faire de jugement définitif", déclare-t-elle, soulignant le cas des "malgré-nous", enrôlés de force dans l'armée allemande. "Il faut prendre le temps d'étudier les choses calmement, de ne pas précipiter la polémique, poursuit-elle. On ne peut pas être dans l'outrance et dans la caricature sur ces sujets."