Cet article date de plus de huit ans.

Que se passe-t-il au Portugal ?

La perspective de la note de la dette souveraine du Portugal vient d'être abaissée en raison de soubresauts politiques qui agitent le pays depuis une semaine.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un trader regarde la bourse s'effrondrer, dans une banque à Lisbonne (Portugal), le 3 juillet 2013. (© JOSE MANUEL RIBEIRO / REUTERS / X00727)

De la crise politique aux conséquences économiques. L'agence de notation financière Standard&Poor's a abaissé, vendredi 5 juillet, la perspective de la note de la dette souveraine du Portugal de "stable" à "négative". La raison ? L"incertitude politique croissante", explique l'agence. En effet, le pays est dans une impasse politique depuis l'annonce de la démission de deux ministres importants du gouvernement de centre-droit mené par Pedro Passos Coelho.

L'élément déclencheur : la démission du n°2 du gouvernement

Tout a commencé avec la démission surprise, lundi 1er juillet, du ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar. Il était l'architecte du programme de rigueur exigé en contrepartie du plan de sauvetage accordé au Portugal par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Vitor Gaspar a expliqué sa démission par le manque de soutien du grand public au plan d'ajustement mis en œuvre par Lisbonne.

Pour le remplacer, le Premier ministre, Pedro Passos Coelho, a nommé à son poste son adjointe, Maria Luis Albuquerque. Ce choix a été interprété comme une indication claire de la poursuite de la rigueur budgétaire. Cela n'a pas plu au ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Portas, qui a lui aussi annoncé sa démission dès le lendemain. Cette démission a cependant été rejetée par le Premier ministre, et les deux hommes sont actuellement en négociations.

Depuis, les partis de gauche réclament la démission du gouvernement et des législatives anticipées, tandis que le Premier ministre tente d'éteindre la crise. Vendredi, ce dernier a annoncé avoir trouvé "une formule" pour garantir la survie de la coalition au pouvoir depuis juin 2011. Mais il n'en a pas précisé le contenu.

La question en toile de fond : austérité ou pas austérité ?

"En arrière-plan de ce conflit se dessinent surtout les tensions grandissantes au sein du gouvernement s'agissant de la rigueur draconienne imposée aux Portugais depuis deux ans", explique la correspondant du Monde. En effet, Paulo Portas, qui est aussi chef du parti conservateur CDS-PP, souhaite redonner la priorité à la relance. Son parti, qui se présente comme le parti des contribuables, voudrait mettre fin à l'explosion de la fiscalité dans le pays. 

Mais les autorités européennes insistent pour que le Portugal poursuive ses efforts de redressement. Cette politique est d'autant plus difficile à assumer pour le gouvernement que le mécontentement social s'accroît. La cure de rigueur a contribué à aggraver davantage que prévu la récession et le chômage dépasse les 17% après trois années de récession.

La conséquence qui renforce l'incertitude : l'inquiétude des marchés

Cette instabilité politique a provoqué des remous sur les marchés. Mercredi, le taux d'emprunt à dix ans du Portugal est passé au-dessus de 8%, pour la première fois depuis novembre 2012. Il est ensuite repassé, vendredi, sous le seuil de 7%, les investisseurs misant sur un accord politique au sein de la coalition.

Mais la décision de l'agence de notation financière Standard & Poor's de baisser la perspective de la note de la dette souveraine du Portugal de "stable" à "négative" est le signe d'inquiétudes persistantes. "Nous estimons que l'incertitude politique croissante pourrait faire dérailler les émissions de dette à venir du Portugal et la conclusion souhaitée en 2014 du programme de soutien accordé par la troïka" (UE-BCE-FMI) qui représente les créanciers du pays", a expliqué l'agence dans un communiqué.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Europe

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.