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Pourquoi la Grèce est à nouveau sous pression

De l'appel à la grève générale à l'exaspération des dirigeant européens, tous les regards sont à nouveau tournés vers Athènes en ce début de semaine. A la clé, le sauvetage, ou la faillite, de l'économie grecque.

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France Télévisions
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Lors d'une manifestation devant le Parlement grec, le 1er décembre 2011, à Athènes. (AFP / LOUISA GOULIAMAKI)

Agacement franco-allemand à l'égard d'Athènes, plan du couple Sarkozy-Merkel pour éviter la menace du défaut de paiement, négociations au sein de la coalition gouvernementale, le tout sur fond de grève générale... Voici pourquoi la Grèce, en crise depuis plusieurs mois, se retrouve à nouveau sous pression. 

• Parce que le Premier ministre veut faire avaliser les réformes de l'UE et du FMI

Le Premier ministre grec, Lucas Papademos, doit réunir une nouvelle fois mardi les responsables de la coalition gouvernementale pour avaliser les réformes exigées par l'Union européenne (UE) et le FMI en échange d'une nouvelle aide financière. L'espoir de voir les difficiles négociations aboutir lundi a été déçu. Elles ont été reportées à ce mardi, selon une source gouvernementale citée par l'AFP, qui se contente d'affirmer qu'"il y a encore des questions à régler".

Il s'agit de conclure trois semaines d'une double négociation. D'une part avec les créanciers étrangers et d'autre part avec les chefs des partis socialiste (Georges Papandréou), conservateur (Antonis Samaras) et d'extrême droite (Georges Karatzaferis), sur les modalités de la nouvelle cure de rigueur. Celle-ci est prescrite au pays par l'UE et le FMI en échange d'un deuxième plan de renflouement de 130 milliards d'euros, préparé depuis octobre. Athènes a un besoin vital d'une nouvelle aide pour éviter la faillite dès le mois de mars.

 Parce que les syndicats appellent à la grève générale

Les deux grandes centrales syndicales, GSEE pour le privé et Adedy pour le public, appellent à une grève générale de 24 heures, mardi. Elle doit perturber les écoles, navettes reliant les îles, les transports publics et l'administration. Une manifestation est prévue dans le centre d'Athènes à la mi-journée. Pour le président de la GSEE, Iannis Panagopoulos, les nouvelles mesures "sont la chronique d'une mort annoncée (...), l'objectif est de mettre à bas tout le droit du travail et de baisser les salaires de 20 à 30% en plus des coupes déjà opérées". Près de 5 000 personnes ont déjà manifesté lundi soir à l'appel de la gauche communiste et radicale.

Parce que les dirigeants européens pressent le gouvernement

"Grèce : l'Europe perd patience", titre ce matin Les Echos. Selon le quotidien économique, "les dirigeants européens ne cachent plus leur vif agacement à l'égard du gouvernement grec, qu'ils jugent trop lent à proposer de nouvelles coupes dans les dépenses et à faire les réformes structurelles qui s'imposent".

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy, s'est exprimé sur le sujet, lundi, lors d'une conférence de presse commune avec la chancellière allemande Angela Merkel, à Paris. Le président français a rappelé que "les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement, il n'y a pas le choix, le temps presse, c'est une affaire de jours, maintenant il faut conclure [les négociations sur sa survie financière]. C'est un message sans ambiguïté et très confiant adressé." Manifestement lassé des atermoiements d'Athènes, le chef de l'Etat veut maintenant que la "situation en Grèce soit réglée une bonne fois pour toute".

Parce que le couple franco-allemand se méfie de la menace du défaut de paiement

Selon le Financial Times (article payant), la France et l'Allemagne ont conçu un plan pour qu'une partie des nouvelles aides accordées à la Grèce soit versée dans un compte séparé, qui serait réservé au remboursement de la dette. Pour eux, il s'agirait d'un bon compromis pour éviter que la Grèce brandisse la menace d'un défaut de paiement tout en lui permettant de garder sa souveraineté budgétaire. D'après le journal, les deux pays ont le soutien de la Commission européenne et de plusieurs pays de la zone euro.
Le couple franco-allemand avait proposé, lundi, que les intérêts de la dette grecque soient bloqués sur un compte. "Ce compte bloqué garantirait que les dettes de nos amis grecs seront réglées", avait expliqué le président français, sans donner plus de précisions.

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