Allemagne : le mouvement islamophobe Pegida perd encore cinq dirigeants

Après le retrait du leader Lutz Bachmann, cinq autres dirigeant du mouvement abandonnent.

Des opposants à Hagida (mouvement proche de Pegida, à Hanovre), brandissent une pancarte \"nogida\", lors d\'une contre-manifestation, à Hanovre (Allemagne), le 26 janvier 2015.
Des opposants à Hagida (mouvement proche de Pegida, à Hanovre), brandissent une pancarte "nogida", lors d'une contre-manifestation, à Hanovre (Allemagne), le 26 janvier 2015. (JOCHEN LÜBKE / DPA / AFP)

C'est la déroute pour Pegida. Cinq nouveaux dirigeants du mouvement anti-islam allemand ont démissionné en bloc, mardi 27 janvier. Des départs qui pourraient sonner le glas de cette mobilisation, une semaine après le retrait du leader Lutz Bachmann. Et ce dernier, resté membre de Pegida, n'y est pas totalement étranger.

Parmi les démissionnaires figure d'abord Kathrin Oertel, 37 ans, proche de Bachmann et porte-parole du mouvement, censée reprendre le flambeau. Son départ a été confirmé au quotidien populaire Bild par un autre dirigeant de Pegida, Rene Jahn, lui aussi démissionnaire. A leurs côtés, Achim Exner, Bernd-Volker Lincke et Thomas Tallacker déposent aussi les armes. "La raison, c'est le maintien de Bachmann dans l'équipe d'organisation, et le manque de distanciation avec Legida à Leipzig". Le mouvement Legida est en effet considéré comme plus radical, a expliqué Rene Jahn.

Des "menaces" et des "contrats publics" perdus

Selon la page Facebook de Pegida, Kathrin Oertel a quitté ses fonctions en raison de "menaces" dont elle aurait été l'objet et parce qu'elle s'estimait harcelée par les "photographes" de presse rôdant autour de son domicile. Un autre démissionnaire affirme avoir perdu "plusieurs contrats publics" à cause de son engagement.

Pegida, qui rejette l'étiquette de mouvement "anti-islam" et préfère se présenter comme "critique de l'islamisme", avait connu chaque lundi une affluence croissante depuis l'automne dernier, jusqu'à rassembler un record de 25 000 manifestants à Dresde, le 12 janvier, dans le sillage des attaques jihadistes à Paris. Mais lors de sa dernière manifestation, dimanche, Pegida a réuni seulement 17 000 personnes, toujours à Dresde.