Norvège : parti en catimini en vacances en Iran, un ministre norvégien doit démissionner

Per Sandberg n'avait pas prévenu le gouvernement de ce voyage privé, alors qu'il s'exposait à un risque d'espionnage.

Per Sandberg, alors ministre norvégien de la Justice par intérim, à Oslo (Norvège), le 20 mars 2018.
Per Sandberg, alors ministre norvégien de la Justice par intérim, à Oslo (Norvège), le 20 mars 2018. (TORE MEEK / AFP)

Sa destination de vacances lui a coûté son poste. Le ministre norvégien de la Pêche, Per Sandberg, a démissionné, lundi 13 août, pris dans une polémique pour avoir enfreint les règles de sécurité lors d'un voyage privé en Iran. Il a admis s'y être rendu, en juillet, sans prévenir les services de la Première ministre et en emportant son téléphone portable de fonction. Et ce alors que l'Iran est vu par les services de sécurité norvégiens comme un des pays les plus actifs en matière d'espionnage.

"Per a lui-même demandé à quitter son poste, et j'estime que c'est une bonne décision", a déclaré la Première ministre conservatrice, Erna Solberg. "Il n'a pas fait preuve du bon sens nécessaire en matière de gestion de la sécurité." 

Depuis l'éclatement de l'affaire, il y a deux semaines, Per Sandberg avait déjà présenté des excuses. Mais sa situation était devenue intenable après de nouvelles révélations, notamment sur le fait qu'il avait aussi violé les protocoles de sécurité en emmenant son téléphone professionnel en Chine au mois de mai.

Une enquête ouverte sur la compagne du ministre

Ce scandale est d'autant plus croustillant aux yeux des médias norvégiens que Per Sandberg, 58 ans, s'est rendu en Iran avec sa nouvelle compagne, Bahareh Letnes, une ancienne miss Iran réfugiée en Norvège et âgée de 28 ans. Les services de sécurité intérieure ont ouvert une enquête au sujet de la jeune femme, qui nie tout lien avec le régime iranien.

Son parcours semble emblématique de tout ce que le Parti du progrès – dont Per Sandberg était le numéro 2 – désapprouve d'ordinaire. La formation de droite est favorable à l'expulsion rapide des demandeurs d'asile déboutés –  Bahareh Letnes l'a été trois fois avant d'obtenir gain de cause – et généralement critique à l'égard des étrangers qui retournent dans leur pays d'origine après avoir décroché des papiers en Norvège.