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Norvège : la droite revendique une "victoire historique"

Après huit ans dans l'opposition, le centre-droit a remporté les élections législatives qui se tenaient lundi en Norvège. La conservatrice Erna Solberg, comparée à Margaret Thatcher, a revendiqué une "victoire électorale historique". Elle devrait prendre la tête du nouveau gouvernement début octobre, mais devra composer avec le Parti du progrès, dont le tueur Anders Behring Breivik fut autrefois membre.
Article rédigé par Matthieu Mondoloni
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
  (Stian Lysberg Solum Reuters)

Le Parti conservateur d'Erna Solberg et ses trois alliés potentiels revendiquent une "victoire électorale historique " lundi soir. "Aujourd'hui, les électeurs ont donné avec leurs scrutins une victoire  électorale historique aux partis bourgeois ", une expression qui désigne les partis de droite et de centre droit, a déclaré Erna Solberg devant ses partisans. Selon des projections officielles, l'opposition conservatrice et ses alliés potentiels contrôleront 97 des 169 sièges du parlement.

Tout en étant d'accord pour sortir les sortants, les quatre formations de droite, emmenées par les conservateurs d'Erna Solberg, et qui incluent le Parti du progrès, doivent encore s'entendre sur une plateforme de gouvernance dans les semaines à venir. Un nouveau gouvernement ne devrait pas être mis en place avant la rentrée parlementaire début octobre.

La dame de fer norvégienne

Le centre droit a axé sa campagne sur les privatisations et la baisse de la fiscalité. Le pays, qui bénéficie d'une industrie pétrolière offshore florissante, est l'un des rares Etats en Europe à ne pas sentir les effets de la crise avec un revenu de 100.000 dollars par habitant. Toutefois, la croissance s'est ralentie.

"Il nous faut plusieurs piliers pour soutenir l'économie et non pas seulement un socle ", a souligné lors de la campagne Erna Solberg, comparée à la "dame de fer" Margaret Thatcher en raison de ses positions intransigeantes lorsqu'elle a été ministre entre 2001 et 2005. "Nous sommes un parti libéral et conservateur. Nous ne faisons pas de révolution. Nous avançons à petits pas. "

Composer avec l'ancien parti d'Anders Behring Breivik ?

La tâche la plus épineuse pour Erna Solberg sera de négocier un accord de gouvernement avec le Parti du progrès. Depuis le choc provoqué par le massacre commis par Anders Behring Breivik en 2011 sur l'île d'Utoya, le Parti du progrès, dont le tueur fut autrefois membre, a adouci sa rhétorique.

Ce changement d'attitude n'a pas suffi à balayer les réticences des démocrates chrétiens et des libéraux, autres alliés potentiels d'Erna Solberg, qui jugent les positions du Parti du progrès beaucoup trop radicales sur les questions d'immigration et de dépenses publiques pour l'inclure dans une coalition gouvernementale. Erna Solberg pourrait donc se trouver dans l'obligation de diriger un gouvernement minoritaire.

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