Ne pas être d'accord avec l'Allemagne, ce n'est pas être germanophobe, se défend le PS

Arnaud Montebourg qui accuse la chancelière allemande de mener une "politique à la Bismarck". Jean-Marie Le Guen qui ironise sur la rencontre Sarkozy-Merkel sur la crise de l'euro en parlant de "Daladier à Munich". Les récentes sorties des deux responsables socialistes sur l’Allemagne font mouche dans la campagne présidentielle. L'UMP accuse la gauche de "germanophobie". Le PS réplique.

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C’est Alain Juppé qui le premier lance la charge. Hier dans un
communiqué et ce matin dans les colonnes du Figaro, le ministre des
Affaires étrangères fustige les socialistes "qui prennent le risque de
ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie
". Choqué lui
aussi,  le ministre des Affaires européennes. "Ces propos sont
inadmissibles, totalement irresponsables
", réagit Jean Léonetti, qui
parle de "germanophobie hystérique".

"Il faut se
parler franchement, et se parler franchement, c’est se respecter
" -
J.M Ayrault

Le PS est embarrassé, d’autant plus que
demain et lundi, François Hollande sera à Berlin à l'occasion du congrès
du SPD, le parti social démocrate allemand. D'où le recadrage opéré par
le patron des députés socialistes à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault. "Je
conseille à Alain Juppé de ne pas se lancer dans cette polémique, ça ne
sert à rien
", tente-t-il de tempérer. "Le destin de l’Allemagne et de
la France sont liés [….] Il faut se parler franchement et se parler
franchement, c’est se respecter
", poursuit-il. Quid alors des propos
tenus notamment par Arnaud Montebourg ? "Ce n’est pas parce qu’une
personne s’exprime qu’elle engage les autres
", affirme Jean-Marc
Ayrault, tout en estimant que le député de Saône-et-Loire aurait mieux
fait de se taire.

"Nous ne pouvons pas concevoir
l’avancée de la construction européenne simplement sur un mode de
discipline et de snctions
" - F. Hollande

François
Hollande, lui, préfère botter en touche. "Les problèmes ne sont pas là,
les problèmes sont entre la France et l’Allemagne
", estime-t-il. Et le
candidat socialiste à la présidentielle de revenir sur le fond du
problème. Selon lui, "aujourd’hui, c’est  l’Allemagne qui est forte
parce que  la France de Nicolas Sarkozy est faible. Et nous devons
essayer de rééquilibrer cette relation
", explique-t-il. François
Hollande qui soulève cependant un désaccord sur la manière de sortir
l’Europe et  l’euro de la crise. La maîtrise des dépenses, oui, mais pas
question de concevoir l’avancée de la construction européenne
"simplement sur un mode de discipline et de sanctions ", souligne-t-il. "Nous devons faire en sorte que l’Europe puisse être une Europe de
croissance et de solidarité
", poursuit le candidat PS.