Une cinquantaine d'ONG juge les gouvernements européens "complices" de la "tragédie" des migrants en Méditerranée

Elles ont signé jeudi une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur et à la ministre de la Justice.

Des migrants tentant de traverser la Méditerranée sont secourus, le 9 juin 2018.
Des migrants tentant de traverser la Méditerranée sont secourus, le 9 juin 2018. (KARPOV / SOS MEDITERRANEE / AFP)

Elles appellent à soutenir les opérations de sauvetage et à cesser de renvoyer les migrants vers la Libye. Dans une lettre ouverte écrite jeudi 31 janvier, Oxfam et 53 autres ONG accusent les gouvernements de l'Union européenne de "complicité" dans la "tragédie" des migrants qui empruntent la route maritime entre l'Italie et la Libye.

En 2017, l'Italie et la Libye ont signé, avec l'appui de l'UE, un accord pour parvenir à endiguer les flux migratoires d'Afrique du Nord vers l'Italie : Rome et l'UE se chargeant de soutenir les garde-côtes libyens, la Libye d'empêcher les personnes quittant ses côtes de se rendre en Europe. Or, en deux ans, "plus de 5 300 femmes, hommes et enfants ont péri en Méditerranée", s'émeuvent les organisations humanitaires dans la lettre.

Les gouvernements de l’UE (...) nient les droits fondamentaux de personnes en exil en aggravant le danger qu’elles rencontrent déjà en mer, en les renvoyant en Libye.Oxfam Francecommuniqué

Dans leur texte, les ONG se font l'écho des récits de migrants détenus en Libye dans des conditions effroyables. "Beaucoup sont maltraités avant d'être vendus à des groupes armés ou en tant qu'esclaves", expliquent Jon Cerezo, responsable de campagne humanitaire à Oxfam France, cité dans un communiqué de l'ONG.

Les organisations humanitaires appellent les gouvernements de l'UE à "arrêter de renvoyer les personnes secourues en mer en Libye". Elles exigent en outre que ces gouvernements soutiennent "les opérations de recherche et sauvetage" et veillent "à ce que les personnes sauvées en mer puissent arriver en toute sécurité et sans retard en Europe".