Migrants : un nombre plus élevé de morts parmi ceux qui tentent la traversée

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés publie un rapport lundi 3 septembre qui fait état d'un nombre croissant de morts parmi les migrants qui tentent la traversée. 

Des migrants se trouvent sur un bateau de fortune en Méditerranée en mai 2016. 
Des migrants se trouvent sur un bateau de fortune en Méditerranée en mai 2016.  (GABRIEL BOUYS / AFP)

La situation empire en Méditerranée, selon le rapport semestriel du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés publié lundi 3 septembre. Une personne sur 18 tentant d’arriver en Europe est morte ou a disparu entre janvier et juillet 2018, contre 1 décès pour 42 personnes à la même période en 2017, révèle le rapport du HCR intitulé Voyages du désespoir.

Moins de traversées mais plus de morts 

Depuis le début de l’année, plus de 1 600 personnes ont trouvé la mort ou ont disparu en tentant d’arriver en Europe, explique le rapport du Haut-commissariat des Nations unies. Si le nombre total de personnes arrivant en Europe a diminué en 2018, le taux de décès a fortement augmenté, en particulier pour les personnes qui traversent la mer Méditerranée.

Selon le HCR, cela s'explique par la diminution "de capacité de sauvetage en mer. Le nombre d'ONG qui font du sauvetage en mer a diminué depuis l'année dernière", explique, sur franceinfo, Céline Schmitt, porte-parole du HCR. "Selon notre rapport, il y a deux ONG qui continuent à faire ce travail de sauvetage en mer. L'an dernier, à la même époque, il y en avait huit qui opéraient au large des côtes libyennes."

Les bateaux ont du mal à trouver des ports sûrs

Selon Céline Schmitt, cette augmentation des morts et disparitions s'explique également par "la complication de trouver des ports de débarquement sûrs pour les personnes qui ont été sauvées en mer, on l'a vu encore au cours de ces dernières semaines, et le risque est aussi que d'autres navires, par exemple des embarcations commerciales, prennent plus de précaution et peuvent ne pas répondre à des signaux de sauvetage en mer." 

Le HCR rappelle que sauver des vies doit être une priorité et les pays européens ont la capacité d'accueillir les personnes qui arrivent. Selon le rapport, le nombre de migrants a diminué et "la situation est totalement gérable", ajoute la porte-parole du HCR. 

Nous ne sommes plus du tout dans la situation de 2015, où plus d'un million de personnes sont arrivées par la mer. Cette année, si on comptabilise les différentes routes d'arrivée par la mer en Europe, il y a un peu plus de 62 000 arrivéesCéline Schmittà franceinfo

Le HCR demande une nouvelle fois aux États européens que des voies légales d’accès sûr, comme la réinstallation et la réunification familialesoient instaurées afin d’éviter que plus personnes ne meurent tragiquement, et de protéger les enfants voyageant seuls.  

"On a vu que des pays ont proposé, récemment, d'accueillir des réfugiés qui arrivaient en Espagne, en Italie", explie Céline Schmitt. "C'est un bon geste, mais, ce qu'il faut, ce n'est pas qu'il y ait une négociation à chaque fois, alors que des personnes sont en mer et attendent, mais il faut un mécanisme prévisible pour ce débarquement, et, ensuite, l'accueil des personnes", conclut-elle.