Malte et l'Italie refusent d'accueillir dans leurs ports le navire humanitaire "Open Arms", qui a secouru 121 migrants

Le Parlement italien a adopté une loi prévoyant des amendes jusqu'à un million d'euros pour le commandant ou l'armateur des navires d'ONG qui violeraient l'interdiction d'entrée dans les eaux territoriales italiennes.

Un navire de l\'ONG OpenArms navigue près des côtes de l\'Andalousie (Espagne), le 28 décembre 2018.
Un navire de l'ONG OpenArms navigue près des côtes de l'Andalousie (Espagne), le 28 décembre 2018. (JORGE GUERRERO / AFP)

Un non catégorique. Le bateau "Open Arms", de l'ONG espagnole Proactiva, qui navigue depuis six jours en Méditerranée avec 121 migrants à bord, s'est vu refuser tout débarquement à Malte, mercredi 7 août. Le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, lui a également interdit toute entrée dans les proches eaux italiennes.

Le navire "Open Arms" se trouve actuellement dans les eaux internationales, selon le site vesselfinder.com, au sud-ouest de Malte et à l'est de l'île italienne de Lampedusa.

"Nous sommes prêts à confisquer le navire"

"Six jours sont passés sans réponse, sans que les personnes à bord voient leur dignité reconnue", a écrit l'ONG sur son compte Twitter, après avoir déploré la veille : "Malte a nié le droit au débarquement et l'Italie ne répond pas".

Nous ne nous reconnaissons pas dans cette Europe, dans ses Etats lâches, dans sa politique vide. La lutte pour leurs droits est également la lutte pour les nôtres. Aidez-nous.Proactiva Open Armssur Twitter

L'Italie a répondu par la voix de son ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. "L'Open Arms est depuis six jours en Méditerranée, et maintenant il menace d'entrer en Italie. Il aurait eu tout le temps de rejoindre l'Espagne", a écrit le chef de la Ligue (extrême droite) sur Twitter. Que l'Open Arms ne l'oublie pas, les eaux territoriales italiennes sont fermées pour lui et nous sommes prêts à confisquer le navire." 

Le Parlement italien a adopté lundi soir une nouvelle loi sur la "sécurité", prévoyant des amendes jusqu'à un million d'euros pour le commandant ou l'armateur des navires d'ONG qui violeraient l'interdiction d'entrée dans les eaux territoriales italiennes, ainsi que la saisie du navire.