Mort de migrants en mars 2011 au large de la Libye : l'Otan "doit endosser la responsabilité"

Un an après la mort de 63 migrants au large de la Libye, l’Otan mais aussi plusieurs pays dont la France sont accusés d’avoir manqué à leur obligation d’assistance à personne en danger. C’est ce qui ressort d’un rapport publié par le Conseil de l’Europe. Des plaintes pourraient suivre. En 2011, "au moins 1 500 personnes ont perdu la vie en tentant de traverser la mer Méditerranée."

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La sénatrice néerlandaise Tineke Strik qui est l'auteur de ce rapport intitulé "Vies
perdues en Méditerranée: qui est responsable?
" a procédé à un long et parfois vain travail d'enquête - encore en cours - pour tenter de déterminer d'éventuelles défaillances. 

Le drame commence le 26 mars 2011, quelques jours après le début de l'intervention de l'Otan en Libye : 72 Africains, âgés de 20 à 25 ans, et deux bébés embarquent dans un canot pneumatique d'une dizaine de mètres de long. Ils veulent rejoindre l'Europe.

Ils sont d'abord "observés par un
avion français le 27 mars à 14 h 55."
Le lendemain, en panne de carburant, le bateau part à la dérive. Les passagers arrivent à  joindre par téléphone un prêtre érythréen basé à Rome qui alerte les autorités maritimes italiennes. Et quelques heures plus tard, un hélicoptère - qui serait italien mais n'a pas été officiellement identifié - survole le canot et livre quelques bouteilles d'eau et des biscuits. Le centre romain de coordination des secours en mer va diffuser de nombreux messages d’alerte pendant plusieurs jours. En vain.

Et l'aide expédiée par cet hélicoptère  sera la seule que recevront les réfugiés dont le périple mortel va durer quinze jours. Et pourtant ils auraient croisé ensuite  deux bateaux de pêche, une frégate -  probablement espagnole participant à l'opération de l'Otan -  un navire de combat considéré comme italien, et au 10e jour un "très grand navire militaire –
peut-être un porte-avions ou, tout au moins, un vaisseau équipéd'installations pour hélicoptères,
avec des hélicoptères à bord et peut-être aussi des avions de chasse
.".

Selon l'un des témoignages, "certains regardaient avec des jumelles et d’autres
prenaient des photos de nous
."

Un "très grand navire " qui n'a pas été identifié. La fin provisoire de cette histoire intervient le 10 avril quand le bateau est rejeté sur les côtes libyennes. Il y a une dizaine de survivants.

Qui est donc responsable de ce drame selon le rapport qui pointe toute une serie de défaillances? Sans accuser directement Tineke Strik note que c'est l'Otan qui avait la responsabilité de "tous les vaisseaux présents" dans la zone concernée. Tous les bateaux qui ont manqué à leur obligation d'assistance.

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