VIDEO. Evacuation d'un camp de migrants : le croche-patte du commissaire "était totalement injustifié", assure Gérald Darmanin

Le ministre de l'Intérieur, invité du journal de "20 heures" de France 2, a annoncé qu'il prendrait des sanctions contre ce commissaire et qu'il a demandé "la réunion du conseil de discipline".

"Ce commissaire qui fait ce croche-patte totalement injustifié, je prendrai des sanctions contre lui. Je demande la réunion du conseil de discipline." Invité du journal de "20 heures" de France 2 jeudi 26 novembre, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a réagi aux événements survenus place de la République lundi, lorsque l'évacuation d'un camp de migrants par les forces de l'ordre a donné lieu à des scènes de violence.

Le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, David Le Bars, avait reconnu mardi qu'il y avait eu "des gestes inappropriés de la part de certains gendarmes ou policiers".

Saisie après les faits, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a rendu son rapport public jeudi. "L'action qui consistait à ralentir la progression d'un usager en prenant le risque de le blesser gravement par un croche-pied dans sa course, et alors que cet usager ne menaçait à ce moment ni les biens, ni les personnes, constitue un usage de la force qui ne pouvait se révéler conforme aux exigences de nécessité et de proportionnalité (...)", écrit-t-elle. "Ainsi, en ayant fait, sans doute en une fraction de seconde, le choix de ce geste, il a commis un manquement par un usage disproportionné de la force", ajoute l'IGPN.

Rémy Buisine dément ne pas vouloir répondre à l'IGPN

S'agissant de l'enquête sur les coups qu'aurait reçus le journaliste du média en ligne Brut, Rémy Buisine, le rapport n'apporte pas de conclusion, les investigations n'étant pas terminées. "Des actes d'enquête restent à accomplir, des auditions, mais également la recherche et l'exploitation d'autres supports vidéo, notamment antérieurs à la scène afin de se prononcer sur d'éventuels manquements", écrit l'IGPN dans son rapport de synthèse. 

Elle note que "le déroulé de l'action et sa chronologie, tels qu'ils ressortent de ses [premières] auditions, ne sont ni corroborés ni infirmés par un témoin directement présent sur la scène ou par l'usager victime [le journaliste] qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'IGPN". Une information confirmée par Gérald Darmanin sur le plateau de France 2. "C'est évidemment faux, je reste à disposition des enquêteurs dans les plus brefs délais", a répondu Rémy Buisine sur Twitter.

Les migrants installés place de la République à Paris ont été évacués par les forces de l\'ordre lundi 23 novembre 2020.
Les migrants installés place de la République à Paris ont été évacués par les forces de l'ordre lundi 23 novembre 2020. (JEROME GILLES / NURPHOTO / AFP)