VIDEO. "Merde alors !" : quand le discours sur l'immigration de Matteo Salvini fait sortir un ministre luxembourgeois de ses gonds

Le ministre italien de l'Intérieur a provoqué l'ire du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, en raison de ses propos sur l'immigration.

Le ministre italien de l\'Intérieur, Matteo Salvini, le 14 septembre 2018, à Vienne, en Autriche.
Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, le 14 septembre 2018, à Vienne, en Autriche. (HERBERT NEUBAUER / APA)

Une pique du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, sur l'importation d'"esclaves" africains a provoqué, vendredi 14 septembre à Vienne, une réaction indignée du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Dans une vidéo que son entourage a diffusée sur Facebook, on voit Matteo Salvini prendre la parole à une réunion des ministres européens de l'Intérieur pour dénoncer l'idée selon laquelle l'Europe vieillissante a besoin d'immigrés.

"J'ai une perspective complètement différente. Je pense être au gouvernement, payé par mes concitoyens, pour aider nos jeunes à recommencer à faire des enfants (...) et non pour extirper le meilleur de la jeunesse africaine", a expliqué le ministre d'extrême droite. "En Italie, nous ressentons l'exigence d'aider nos enfants à faire d'autres enfants. Et pas à avoir de nouveaux esclaves pour remplacer les enfants que nous ne faisons plus."

"C'est abusé là !"

Au premier plan sur la vidéo, Jean Asselborn commence à réagir : "Oh là, c'est abusé là !" Mais Matteo Salvini insiste : "Si au Luxembourg vous avez besoin d'une nouvelle immigration, moi je préfère garder l'Italie pour les Italiens et recommencer à faire des enfants."

Son collègue luxembourgeois s'emporte : "Au Luxembourg, cher Monsieur, on avait des dizaines de milliers d'Italiens ! Ils sont venus comme migrants, ils ont travaillé au Luxembourg, pour que vous en Italie vous ayez l'argent pour vos enfants, merde alors !" Avant de repartir dans un argumentaire contre les passeurs de migrants, l'homme fort du gouvernement italien réplique simplement : "Quelqu'un de bien éduqué m'aurait laissé terminer mon intervention."