VIDEO. "Benchmarking des migrants", critique des manifestants... La rhétorique décomplexée de Gérard Collomb

Depuis son entrée en fonction au ministère de l'Intérieur, l'ancien maire de Lyon n'épargne personne. Ses propos sur les migrants, les manifestants ou même les personnes souffrant de troubles psychiques ont fait polémique.

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Sa liberté de ton ne plaît pas à tout le monde. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, enchaîne les polémiques à cause de ses "petites phrases" médiatiques, depuis son entrée en fonction place Beauvau, en mai 2017. Dernière formule en date, sa prise de parole sur les migrants, mercredi 30 mai au Sénat. Selon le numéro deux du gouvernement, les demandeurs d'asile qui arrivent en Europe comparent les droits de chaque pays avant de choisir leur Nation d'accueil.

"Il n'y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking [une étude comparative], les migrants aussi, a-t-il lancé lors d'une audition pour présenter son projet de loi asile et immigrationIls font un peu de benchmarking pour regarder les différentes législations à travers l'Europe." L'évocation d'une technique managériale pour parler de l'arrivée des migrants en Europe a fait réagir à gauche. La député de La France insoumise Clémentine Autain a dénoncé sur Twitter "l'indécence" des propos du ministre de l'Intérieur.

Ce n'est pas la première fois que Gérard Collomb suscite de fortes réactions chez ses opposants. Outre ses propos sur les migrants, sa prise de position sur le fait qu'une dirigeante syndicale étudiante porte le voile a fait polémique. "C'est choquant", avait lancé le ministre sur BFMTV à propos de Maryam Pougetoux, présidente de l'Unef à l'université Paris 4-Sorbonne.

Sauf que le ministre est un soutien de la première heure du président de la République Emmanuel Macron. Il a été l'un des premiers à annoncer son ralliement au candidat à la présidentielle de 2017. Il bénéficie depuis de la confiance du chef de l'Etat.

Le ministre de l\'Intérieur, Gérard Collomb, à l\'Assemblée nationale, le 10 avril 2018.
Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, à l'Assemblée nationale, le 10 avril 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)