Un député LREM annonce qu'il ne votera pas la loi immigration (malgré le rappel à l'ordre du président de groupe)

Matthieu Orphelin s'est empressé d'ajouter que cette démarche était "tout sauf un début de fronde".

Le député Matthieu Orphelin, le 7 juin 2017 à Angers (Maine-et-Loire).
Le député Matthieu Orphelin, le 7 juin 2017 à Angers (Maine-et-Loire). (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

"J'ai pris ce jour la décision difficile de ne pas voter pour la loi asile et immigration." Les mots du député LREM Matthieu Orphelin sont soigneusement choisis. Vendredi 13 avril, il a annoncé son refus de voter le projet de loi porté par Gérard Collomb, dont l'examen débute lundi 16 avril à l'Assemblée nationale. Il s'est empressé d'ajouter que cette démarché était "tout sauf un début de fronde".

L'élu du Maine-et-Loire cite des avancées obtenues en commission, dont la fin du statut de "pays d'origine sûr" quand les droits des homosexuels ne sont pas respectés, ou la "correction des dispositifs inacceptables" sur la rétention des "dublinés". Mais cet ex-bras droit de Nicolas Hulot au sein de sa fondation regrette de ne pas avoir "convaincu la majorité" sur d'autres points "centraux", dont le maintien à 45 jours pour la durée maximale de rétention (portée à 90 jours) ou la fin de la rétention des mineurs.

Menace voilée d'exclusion

Mardi, le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand, a rappelé à l'ordre les contestataires de son groupe, les incitant à renoncer à défendre des amendements dans l'hémicycle, et agitant une menace voilée d'exclusion. En dépit de cet avertissement, une vingtaine de députés ont déposé des amendements. Parmi eux, Jean-Michel Clément, député de la Vienne, a d'ores et déjà indiqué qu'il voterait contre ce texte, dont il "rejette depuis le départ la logique répressive".