Syriens, Irakiens et Yéménites sont désormais interdits de vol vers la Biélorussie depuis la Turquie

Le régime d'Alexandre Loukachenko est accusé d'acheminer des migrants sur sa frontière avec la Pologne, en délivrant des visas touristiques à des milliers de candidats à l'émigration vers l'UE.

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France Télévisions
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Image d'illustration de l'aéroport d'Ankara (Turquie), en avril 2021. (MUSTAFA MURAT KAYNAK / ANADOLU AGENCY via AFP)

Les ressortissants d'Irak, de Syrie et du Yémen ont désormais l'interdiction "d'acheter des billets et d'embarquer pour la Biélorussie depuis les aéroports de Turquie", a annoncé la Direction générale de l'aviation turque, vendredi 12 novembre. L'autorité aérienne précise que cette mesure restera en vigueur "jusqu'à nouvel ordre", alors que le régime d'Alexandre Loukachenko est accusé d'acheminer des migrants vers l'Europe. La compagnie aérienne biélorusse Belavia avait déjà annoncé, dans la matinée, qu'une interdiction lui avait été faite par les autorités turques d'embarquer des ressortissants de ces trois pays depuis la Turquie.

Quelques milliers de migrants, originaires principalement du Proche et du Moyen-Orient, sont bloqués dans des conditions difficiles à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, qui les empêche de passer. La compagnie nationale turque Turkish Airlines avait réagi dès mardi aux "informations de presse" l'accusant de "trafic d'être humains" vers la Biélorussie. Elle avait assuré, dans un communiqué, "prendre en compte toutes les mesures de sécurité nécessaires concernant ses vols internationaux, en coopération avec les autorités internationales". Ces accusations "ne reflètent pas la réalité", avait-elle insisté.

L'Irak songe à rapatrier ses ressortissants bloqués

Plus de 2 000 personnes, notamment des Kurdes, sont coincées depuis plusieurs jours dans un camp de fortune du côté biélorusse de la démarcation avec la Pologne. L'Union européenne accuse Minsk d'avoir organisé ces mouvements migratoires, en délivrant des visas et en affrétant des vols, notamment au départ de la Turquie, pour se venger des sanctions occidentales imposées au régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko l'an dernier, après la brutale répression d'opposants.

Par ailleurs, Bagdad a annoncé le futur rapatriement des Irakiens qui "le souhaitent" depuis la Biélorussie. Le gouvernement irakien s'emploie donc à enregistrer ses ressortissants bloqués à la frontière avec la Pologne, a dit Mohammed Al-Sahaf, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, afin de leur proposer une "réponse urgente". Dans les faits, toutefois, les migrants ont rarement la possibilité de faire demi-tour après leur arrivée à la frontière. Une fois sur place, "j'ai voulu" [retourner à Minsk]", racontait un migrant irakien rencontré par franceinfo,"mais un soldat biélorusse m'a dit que c'était interdit malgré mon visa touristique".

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