Suisse : un garde-frontière déclaré coupable de la mort d'un bébé à naître syrien

Ce garde-frontière a été reconnu coupable de lésions corporelles par négligence, de tentative d'interruption de grossesse et de violations répétées des prescriptions de service.

Un garde-frontière suisse, le 14 mars 2014 à Chiasso (Suisse).
Un garde-frontière suisse, le 14 mars 2014 à Chiasso (Suisse). (DENIS BALIBOUSE / REUTERS)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Il avait refusé une aide médicale à une réfugiée syrienne qui faisait une fausse couche. La justice militaire suisse a condamné, jeudi 7 décembre, à une peine de prison avec sursis de six mois un garde-frontière suisse. Ce garde-frontière a été reconnu coupable de lésions corporelles par négligence, de tentative d'interruption de grossesse et de violations répétées des prescriptions de service, a rapporté l'agence suisse ATS.

Les faits remontent au 4 juillet 2014. Ce jour-là, un groupe de 36 réfugiés a été reconduit de Vallorbe, dans le Jura suisse, à Domodossola en Italie après avoir été remis aux gardes-frontières suisses par les autorités françaises. La réfugiée syrienne faisait partie de ce groupe et voyageait en compagnie de son époux et d'un enfant de 2 ans.

"Ce malheur aurait pu être évité"

Les réfugiés avaient été obligés de prendre place dans un bus afin d'être refoulés vers l'Italie. Durant le trajet, la femme enceinte de sept mois s'était plainte de douleurs au bas-ventre et de saignements. Elle avait ensuite perdu son bébé dans le train qui conduisait le groupe vers l'Italie.

La justice suisse a estimé que la Syrienne avait fait une fausse couche car le garde-frontière, responsable de cette reconduite à la frontière, lui avait refusé une aide médicale. Le médecin italien, qui avait traité à son arrivée en Italie la femme enceinte, avait déclaré à la télévision suisse SRF que "si cette femme avait reçu de l'aide en Suisse, ce malheur aurait pu être évité".