Au Qatar, le système des visas de sortie sera totalement aboli d'ici la fin de l'année

Une loi a supprimé cette démarche au mois d'octobre dernier pour de nombreuses professions, mais certains travailleurs doivent encore obtenir l'accord de leur employeur pour quitter le pays. Les ONG comparaient ces autorisations à de l'esclavage moderne. 

Des ouvriers participent au chantier du prochain stade international Khalifa à Doha (Qatar), le 17 novembre 2018.
Des ouvriers participent au chantier du prochain stade international Khalifa à Doha (Qatar), le 17 novembre 2018. (AFP)

Le Qatar va totalement abolir d'ici fin 2019 son système controversé de visas de sortie pour les travailleurs étrangers, a annoncé l'Organisation Internationale du Travail (OIT), vendredi 26 avril. "L'année dernière, le visa de sortie a été supprimé pour la majorité des travailleurs. Cette année, cela sera étendu à toutes les catégories de travailleurs restantes", a détaillé le chef du bureau de l'OIT à Doha, Houtan Homayounpour.

En septembre 2018, le Qatar avait approuvé la suppression des visas de sortie. Ces autorisations étaient le pilier de la "kafala", un système de parrainage dénoncé par des ONG comme de l'esclavage moderne, permettant, entre autres, aux entreprises d'interdire à leurs employés de changer d'employeur ou de quitter le pays.

La loi est entrée en vigueur en octobre, excepté pour 5% du personnel des entreprises – principalement des hauts cadres, selon les médias – qui doivent encore obtenir le feu vert des employeurs. "Cette année est une année importante" pour les travailleurs étrangers, a déclaré Houtan Homayounpour, car le système des visas de sortie "sera officiellement supprimé".

"Réforme en demi-teinte", selon Amnesty International

En février, le Qatar s'est engagé à parachever une réforme du code du travail destinée à améliorer les conditions des travailleurs migrants avant le début du Mondial de football prévu dans l'émirat en 2022, en réponse aux critiques de l'ONG Amnesty International. Riche émirat gazier, le Qatar a également instauré un salaire minimum de 750 riyals (environ 185 euros) et accepté de travailler plus étroitement avec l'OIT.

Au mois de septembre dernier, Amnesty International évoquait une réforme en demi-teinte, en soulignant par exemple que "les employeurs peuvent toujours empêcher les employés de changer d'emploi au Qatar, et ce parfois pendant cinq ans". Ceux-ci doivent demander un certificat de non-objection s'ils souhaitent changer de travail tout en restant dans le pays.

Par ailleurs, à la même époque, elle avait alerté l'opinion internationale sur le fait que des travailleurs migrants attendaient toujours d'être payés par une grande entreprise, Mercury Mena, parfois depuis près d'un an.