Projet de loi asile et immigration adopté : "On a le sentiment d'un immense gâchis", réagit la Cimade

La présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, a estimé lundi sur franceinfo que "le vote prévisible de ce projet de loi ne signifie pas que les problèmes ont été résolus".

La présidente de la Cimade, Geneviève Jacques dans le studio de franceinfo, le 23 avril 2018.
La présidente de la Cimade, Geneviève Jacques dans le studio de franceinfo, le 23 avril 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Après le vote en première lecture du projet de loi controversée asile et immigration par l'Assemblée nationale, Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, a estimé lundi 23 avril sur franceinfo que le vote du projet de loi est "l'occasion manquée d'un débat en profondeur sur les enjeux d'une véritable politique migratoire". Elle a dit avoir "un sentiment d'un immense gâchis".

Geneviève Jacques a condamné les "propos absolument honteux" de "la droite et l'extrême droite" mais aussi "un certain nombre d'orientations de la part du ministre de l'Intérieur parlant d'invasion de certaines régions et qui entretenaient ce diagnostic faux, selon nous et les chiffres, que la France serait face à un vague migratoire incontrôlable, ce qui est faux", a-t-elle martelé.  

"Les aspects très déséquilibrés" de la loi

Les députés ont assoupli les mesures sur le "délit de solidarité", en cas d'aide au séjour illégal des étrangers, mais cela ne suffit pas pour Geneviève Jacques. "C'est un assouplissement qui va dans le bon sens mais qui ne compense en rien tous les aspects très déséquilibrés de cette loi qui va dans le sens de plus de dissuasion, de répression, y compris sur l'asile", a-t-elle regretté.

"Le vote prévisible de ce projet de loi ne signifie pas que les problèmes ont été résolus. La société civile, celle qui n'a pas été entendue, continuera à être présente sur le terrain, en particulier, à l'occasion des États généraux des migrations", a-t-elle conclu.