Partis de Hongrie, des milliers de migrants arrivent en Autriche et en Allemagne

Des milliers de migrants ont afflué tout au long de la journée du samedi 5 septembre. C'est une crise qui va "durer", préviennent des responsables européens.

Des réfugiés attendent à la gare de Vienne (Autriche), le 5 septembre 2015.
Des réfugiés attendent à la gare de Vienne (Autriche), le 5 septembre 2015. (DIETER NAGL / AFP)

"Mes doigts de pied me font mal, je saigne. Nous avons trop marché. Je veux aller jusqu'en Allemagne mais après je m'arrête." Ce Syrien de 26 ans, originaire de la ville dévastée de Homs, est épuisé. Comme des milliers de migrants, il est arrivé samedi 5 septembre en Autriche et en Allemagne après avoir transité par la Hongrie.

Francetv info fait le point sur ces scènes d'exode inédites, qui illustrent la pire crise migratoire en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

En Hongrie, la marche des migrants 

Vendredi, quelque 1 200 migrants, qui fuient pour la plupart la Syrie ravagée par la guerre, se sont mis en marche vers la frontière avec l'Autriche, distante de 175 km. Face à cette situation, les autorités hongroises ont affrété des bus à la frontière, et ont conduit des milliers d'autres migrants.

Samedi, au moins 500 personnes bloquées en Hongrie depuis plusieurs jours, dans des conditions éprouvantes, ont entamé une nouvelle marche depuis la gare centrale de Budapest vers la frontière autrichienne.

Cette fois, le chef de la police hongroise a déclaré qu'il n'y aurait "plus de véhicule" pour les migrants. La situation devient intenable pour les autorités hongroises débordées : plus de 50 000 migrants, pour la plupart voulant rejoindre l'Allemagne et les autres pays d'Europe occidentale, sont arrivés pour le seul mois d'août en Hongrie.

En Autriche, 6 500 migrants sont arrivés

L'Autriche, qui prévoit l'arrivée de 10 000 personnes, a donné son accord pour accueillir ces hommes, femmes et enfants. Le pays a recensé 6 500 nouveaux arrivants samedi en fin d'après-midi. Arrivés en bus, ils ont traversé à pied la frontière autrichienne, au petit matin pour les premiers, pour rejoindre un train à destination de Vienne spécialement affrété par les autorités autrichiennes.

A la gare de Vienne, les réfugiés drapés dans des couvertures, certains portant des enfants endormis dans les bras, étaient accueillis par une armée de bénévoles munis de nourriture, de boissons, de savons et de tickets de train.

En Allemagne, des centaines de migrants à Munich

Côté allemand, on attend jusqu'à 7 000 personnes. Les migrants arrivent par centaines à la gare de Munich, aussitôt conduits vers les centres de la ville. D'autres trains sont attendus à Francfort et en Thuringe.

La chancelière Angela Merkel a assuré qu'elle visait toujours l'équilibre budgétaire malgré les coûts d'accueil des migrants. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung évalue cette somme à 10 milliards d'euros pour 2015, soit quatre fois plus que l'an dernier.

En Méditerranée, les sauvetages continuent

En parallèle, les arrivées par centaines en provenance des côtes turques proches se poursuivent à un rythme soutenu sur les îles grecques d'Egée orientale. Quelque 650 personnes au total ont été secourues en mer.

Sur l'île de Lesbos, qui recueille à elle seule la moitié des arrivants, de brefs incidents ont opposé dans la matinée la police à des réfugiés et migrants qui protestaient contre la lenteur de leur enregistrement, d'après les télévisions grecques.

Les Européens peinent à s'accorder pour accueillir les 366 000 personnes au minimum qui ont traversé la Méditerranée depuis le début de l'année, selon l'ONU. Quelque 2 800 y ont laissé leur vie.