Migrants secourus en mer : "Le délai entre le sauvetage et le débarquement est impossible", dénonce SOS Méditerranée

La directrice adjointe de l'ONG, dont un bateau a pu accoster en Sicile samedi avec 114 migrants à son bord, demande "que les États européens se mettent d'accord pour instaurer un système de débarquement".

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Radio France
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Des migrants arrivent à bord d'un bâteau de l'ONG Sea-Eye dans le port de Pozzallo, en Sicile (Italie), le 24 décembre 2021. (GIOVANNI ISOLINO / AFP)

Le plus important dans le sauvetage des migrants naufragés en mer est de "pouvoir débarquer dans les meilleurs délais", a affirmé sur franceinfo samedi 25 décembre Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l'ONG SOS Méditerranée, alors que l'un des bateaux de l'association, l'Ocean Viking, a pu accoster en Sicile dans la matinée, après avoir secouru 114 migrants au large de la Libye huit jours auparavant. La semaine de Noël a aussi été marquée par trois naufrages meurtriers d'embarcations au large des côtes grecques.

Selon Fabienne Lassalle, il faut pour réduire les délais "que les États européens se mettent d'accord pour instaurer un système de débarquement". Cela suppose pour ces autorités de "s'organiser entre elles". Pour l'instant, la règle qui s'applique est celle dite du "port le plus proche". "On s'adresse aux autorités compétentes, aux pays côtiers qui sont les plus proches, et c'est l'Italie", explique-t-elle. Or, cela prend parfois du temps. "Ce délai entre le sauvetage et le débarquement est impossible", a-t-elle dénoncé, demandant à ce que les règles soient "réformées"

Une "prise de consicence" politique en France

Pour autant Fabienne Lassalle ajoute que tous les pays européens doivent "faire preuve de solidarité" car, dans tous les cas, ces exilés ne renonceront pas à partir. "Ce qui se passe au niveau politique ne les touche pas. Dès qu'une opportunité se présente, ils vont la prendre, plutôt mourir que de rester en Libye." Elle reconnaît que les récents événements en Manche, et notamment le naufrage qui a coûté la vie à 27 migrants en novembre, ont provoqué "une prise de conscience". "La France se trouve confrontée aux mêmes problématiques et va devoir mettre en place des moyens pour aller secourir et empêcher les drames", a-t-elle estimé.

La présidence française de l'Union européenne en 2022 et l'échéance de l'élection présidentielle apparaissent aussi d'après elle comme des occasions pour "interpeller le gouvernement et l'Europe pour que les Etats prennent enfin la problématique en charge" et pour "rappeler nos gouvernements à ses besoins de solidarité et d'humanité".

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