Migrants noyés dans la Manche : dix membres potentiels d'une filière d'immigration clandestine mis en examen

Dix personnes sont poursuivies pour "homicide involontaire", "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "association de malfaiteurs" et "aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irréguliers" après que 27 migrants sont morts noyés dans la Manche en novembre 2021.

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Radio France
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Un bateau pneumatique, des gilets de sauvetage retrouvés échoués sur une dune de sable de la plage de Wimereux, dans le nord de la France après le naufrage de 27 migrants dans la Manche, le 24 novembre 2021. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Dix personnes soupçonnées d'être impliquées dans une filière d'immigration clandestine liée à la mort par noyade de 27 migrants dans la Manche en novembre dernier ont été mises en examen, a appris franceinfo vendredi 1er juillet de sources concordantes. Une première avait été mise en examen mercredi, les neuf autres l'ont été jeudi.

Âgées de 21 à 41 ans, ces personnes sont poursuivies pour "homicide involontaire", "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "association de malfaiteurs" et "aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irréguliers", selon une source judiciaire. Six sont en détention provisoire et quatre sous contrôle judiciaire.

Une filière afghane

Selon une source proche de l'enquête, ces individus sont soupçonnés d'être les passeurs, les chauffeurs et les logeurs notamment d'une filière afghane d'immigration clandestine, liée dans l'affrètement d'une embarcation de fortune qui a fait naufrage en novembre dernier, entraînant la mort de 27 migrants. Seulement deux passagers ont pu être secourus.

Le 24 novembre 2021, 17 hommes, sept femmes, deux adolescents et un enfant de 7 ans sont morts noyés après le naufrage de l'embarcation qui devait les conduire de la France au Royaume-Uni. Ils étaient Kurdes d'Irak et d'Iran, Éthiopiens, Afghans, Somaliens et Égyptiens.

Les autorités françaises et britanniques accusées

Dès le lendemain, la juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Lille avait lancé une enquête. Une information judiciaire ensuite a été ouverte en décembre. Il apparaît des premiers éléments de l'enquête que les passagers de l'embarcation avaient appelé en vain les autorités françaises – ce que la cellule investigation de Radio France a pu se faire confirmer – et britanniques. Selon un survivant, les deux côtés de la Manche se sont renvoyé la responsabilité, laissant les migrants à leur sort. L'association d'aide aux exilés Utopia56 a déposé plainte contre les autorités françaises et britanniques.

Ce naufrage a été une onde de choc en Europe, relançant les tensions entre la France et le Royaume-Uni autour de la problématique de la gestion des frontières. Le commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe les a rappelés à l'ordre et leur a réclamé l'aménagement de voies d'accès sûres et légales au Royaume-Uni.

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