Migrants : les principales mesures du plan européen pour gérer la crise

Les Etats membres de l'Union européenne se sont retrouvés mercredi en sommet extraordinaire à Bruxelles pour entériner et définir les modalités de l'accord signé mardi sur la répartition de 120 000 réfugiés.

Des migrants à la gare Hegyeshalom en Hongrie, le 23 septembre 2015.
Des migrants à la gare Hegyeshalom en Hongrie, le 23 septembre 2015. (LEONHARD FOEGER / REUTERS)

Quelques heures après la signature au forceps d'un accord européen sur la répartition de 120 000 réfugiés par les ministres de l'Intérieur des Etats membres, les 28 chefs d'Etat de l'Union européenne (UE) se sont mis d'accord, mercredi 23 septembre à Bruxelles, sur un renforcement des frontières extérieures de l'UE et une aide humanitaire à leurs voisins. Et ce malgré l'opposition de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Roumanie et de la Hongrie.

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1,7 milliard d'euros supplémentaires déployés sur 2 ans

La Commission européenne a proposé à la mi-journée de mobiliser 1,7 milliard d'euros en 2015 et en 2016, pour aider les pays les plus touchés face à l'afflux de migrants, mais aussi les agences humanitaires qui aident les réfugiés.

Cette somme servira principalement à maintenir les réfugiés près de la Syrie. Les Européens veulent éviter que les migrants traversent la Méditerranée, en augmentant l'aide à la Turquie, au Liban et à la Jordanie, qui hébergent près de quatre millions de réfugiés. Les agences onusiennes qui y gèrent des camps et distribuent de la nourriture recevront ainsi de nouvelles subventions. Ces fonds supplémentaires porteraient à 9,2 milliards d'euros les fonds mobilisés par l'UE d'ici 2016, a précisé la commissaire européenne au Budget, Kristalina Georgieva. 

Certains Etats membres vont faire de leur côté des contributions supplémentaires. François Hollande a annoncé le déblocage de 100 millions d'euros sur deux ans pour le Programme d'aide alimentaire (PAM).

La reprise du financement du Programme alimentaire mondial (PAM)

Les pays européens sont appelés à reprendre leur financement du Programme alimentaire mondial (PAM), en manque de moyens. La Commission européenne promet 200 millions d'euros en 2015 d'aide directe aux réfugiés, et 300 millions d'euros en 2016. 

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait insisté la semaine dernière sur les besoins du PAM. Faute de moyens, le programme a été contraint de réduire la distribution de rations et de coupons alimentaires aux réfugiés syriens établis en Jordanie. "Le Programme alimentaire mondial a besoin d'argent pour nourrir 11 millions de personnes en Syrie et dans la région", avait-il déclaré.

L'ouverture de hotspots "dans les prochains jours" en Grèce et en Italie

La Commission doit ouvrir prochainement en Grèce et en Italie des hotspots, centres d'accueil pour migrants, "afin de s'assurer que ceux qui arrivent en Europe sont rapidement enregistrés, que leurs empreintes digitales sont prises, et qu'on puisse faire une sélection rapide entre ceux qui restent et ceux qui ne peuvent rester", a expliqué mercredi le vice-président de la Commission, Frans Timmermans.
 
Ces hotspots visent à aider les pays les plus touchés par la crise migratoire à remplir leurs obligations de contrôle, d'identification, d'enregistrement de témoignages et de prise d'empreintes des arrivants, détaille Le Monde. Ils seront épaulés de diverses agences européennes comme Europol, l'agence de coopération policière, ou Eurojust, l'agence de coopération judiciaire.

Le renforcement de la surveillance aux frontières

"Nous allons renforcer Frontex [la police des frontières] et développer un système européen de gardes-frontières et de garde-côtes, qui soit pleinement opérationnel", a précisé le Commissaire européen chargé de la migration, Dimitris Avramopoulos

La Commission a repris l'idée de déployer, à la fin de l'année, des gardes européens le long des frontières extérieures de l'UE.

L'amélioration de "l'aide au retour" pour les migrants économiques

Les Européens ont insisté sur la nécessité d'améliorer l'efficacité de leur "politique de retour" envers les migrants économiques. Les migrants originaires des pays considérés comme "sécurisés" par la Commission européenne – l'Albanie, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie ou encore la Bosnie – devraient être renvoyés en priorité dans leur pays.

A ce jour, 39% des personnes déboutées de leur demande d'asile en Europe sont expulsées. D'autres négociations devraient être aussi mises en place, notamment avec des pays africains, pour qu'ils reprennent leurs ressortissants.