Migrants : "Les passeurs sont capables de vous retrouver, même au Royaume-Uni"

Emmanuel Macron se rend jeudi au Royaume-Uni pour un sommet bilatéral portant notamment sur les migrants et le regroupement familial des mineurs outre-Manche. Leur passage en force profite aux passeurs, témoigne un migrant. 

Des migrants, ici à Calais en septembre 2017, peuvent être soumis à la violence des passeurs (illustration)
Des migrants, ici à Calais en septembre 2017, peuvent être soumis à la violence des passeurs (illustration) (MAXPPP)

Le 35e sommet franco-britannique, prévu jeudi à Sandhurst dans le Kent, doit aborder la situation des mineurs cherchant à rejoindre leurs proches. Le regroupement des familles est difficile et dangereux, comme en témoigne Beshwar Hassan, arrivé il y a un an et demi au Royaume-Uni.  

Des familles prêtes à tout pour se retrouver

Beshwar Hassan vient de poster une lettre ouverte, adressée à Emmanuel Macron. Ce jeune homme, âgé d'une vingtaine d'années, a quitté l’Irak et Mossoul il y a trois ans. Séparé de sa mère, il l’a cherchée, à pied, dans tous les camps de réfugiés d’Europe avant de traverser la Manche. Ses frères l’ont rejoint clandestinement et son message au président de la République est clair : le regroupement familial est la priorité. "J’ai la chance d’avoir eu des papiers, mais deux de mes frères sont encore mineurs. Et le processus peut prendre un an, parfois deux", estime le jeune homme, ajoutant que de nombreuses familles concernées sont prêtes à tout pour se retrouver au Royaume-Uni. 

Des Soudanais, des Erythréens, des Irakiens et des Syriens vivent à Calais ou à Dunkerque et ont des parents ici. S’ils ne peuvent pas venir de façon légale, ils essaieront de venir illégalement, avec des passeurs.Beshwar Hassan, migrant irakien, au Royaume-Unià franceinfo

La sollicitation de passeurs, prêts à tout eux aussi, est dangereuse pour les migrants, prévient Beshwar Hassan. Ils les rackettent et les forcent de plus en plus à travailler pour eux gratuitement. Il est impossible, dit-il, de leur échapper. "Ils ont beaucoup de pouvoir, ils sont capables de vous retrouver", raconte-t-il. Et Beshwar en a fait l'expérience. "Ils m’ont dit : T’es arrivé au Royaume Uni. Tu te rappelles que tu es passé par le camp de migrants ? Eh bien, ce camp nous appartenait, alors tu dois donner de l’argent", témoigne Beshwar, qui affirme qu'il ne paiera pas. Il explique qu'il a contacté la police et qu'à présent il cherche un travail.

Des migrants prêts à tout pour rejoindre leur famille, malgré le danger - un reportage d'Antoine Giniaux en Grande-Bretagne
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