Le Syrien agressé par une journaliste hongroise va devenir entraîneur de foot en Espagne

Osama Abdul Mohsen avait déjà entraîné un club en première division syrienne. Il devrait arriver à Getafe dans la nuite de mercredi à jeudi, accompagné de deux de ses enfants.

Une journaliste de la chaîne hongroise N1TV fait un croche-pied à un migrant près de la frontière serbe, mardi 8 septembre 2015.
Une journaliste de la chaîne hongroise N1TV fait un croche-pied à un migrant près de la frontière serbe, mardi 8 septembre 2015. (STEPHAN RICHTER / TWITTER)

La vidéo de ce migrant, fuyant le 8 septembre devant les forces de l'ordre hongroises avec son fils Zaïd dans ses bras, puis taclé par une journaliste, a fait le tour du monde. Ce réfugié syrien, victime d'un croche-pied, est attendu dans la nuit de mercredi à jeudi 17 septembre en Espagne, où il a été invité à travailler comme entraîneur de football, activité qu'il occupait avant de rejoindre l'Europe.

Le directeur du Centre national de formation d'entraîneurs de football (Cenafe) de Getafe, dans la banlieue de Madrid, Miguel Angel Galan, a appris par la presse que ce Syrien était lui aussi entraîneur. "Nous sommes un centre national d'entraîneurs de football, donc nous avons eu l'idée d'aider un confrère, a-t-il expliqué dans une interview à la radio. Comme il y avait la barrière de la langue, en l'occurence l'arabe, Mohamed Larouzi, un de nos élèves, s'est proposé pour aider à la traduction et pour aller en Allemagne" le chercher.

Entraîneur en première division syrienne

Osama Abdul Mohsen avait entraîné le club Al-Fotuwa de Deir-ez-Zor, en première division syrienne. Il devrait arriver à Getafe vers minuit, accompagné de deux de ses enfants, et sera reçu par la maire de la commune. "Ils vont avoir le plus important : le logement, l'alimentation, les vêtements et un travail d'entraîneur", a affirmé Miguel Angel Galan. Le directeur du centre a déclaré vouloir accueillir aussi "sa femme, sa fille et son autre fils", actuellement en Turquie, et vouloir l'aider à obtenir l'asile politique.

L'Espagne s'est engagée à accepter plus de 17 000 réfugiés sur les centaines de milliers arrivés depuis janvier en Europe fuyant la Syrie et d'autres pays en guerre. Devant le tollé soulevé par l'incident avec les migrants, la journaliste hongroise, Petra Laszlo, a été licenciée par la chaine de télévision qui l'employait.