Le PDG du port de Calais ne veut plus payer pour les opérations de contrôle des migrants dans les camions pour le compte du Royaume-Uni

Vérifier s'il y a des migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni dans les camions embarquant à Calais coûte huit millions d'euros par an au port. Une dépense actée lors des accords du Touquet que l'établissement ne veut plus assumer en l'état.

Contrôle des camions au port de Calais (photo d\'illustration).
Contrôle des camions au port de Calais (photo d'illustration). (MATHILDE DEHIMI / RADIO FRANCE)

Le port de Calais (Hauts-de-France) ne veut plus payer les contrôles des camions pour le compte des Britanniques, annonce mardi 15 septembre le PDG du port, Jean-Marc Puissesseau, sur France Bleu Nord. Ces opérations de contrôle visent à vérifier si des migrants tentent de rejoindre le Royaume-Uni à bord des poids lourds. Elles ont été actées dans le cadre des accords du Touquet, qui ont déplacé la frontière de Douvres à Calais, le Royaume-Uni versant une contribution financière à la France. Mais, aujourd'hui, pour le patron du port, plus rien ne le justifie, avec la sortie de l'Union européenne.

Ces tâches de vérification coûtent huit millions d'euros par an. Jean-Marc Puissesseau a donc écrit au Premier ministre, un courrier soutenu par le président de la Région, propriétaire du port de Calais, selon France Bleu. Le PDG du port ne souhaite pas une dénonciation des accords du Touquet.

Il est peut-être mieux pour tout le monde que la frontière reste à Calais. Mais, dans ce cas, je n'accepte plus ces dépenses, pour faire le boulot des Britanniques. C'est leur travail de contrôler qui rentre dans leur pays! Jean-Marc Puissesseau, le PDG du port de Calaisà France Bleu

"Faut que ça aboutisse, moi je ne mets pas de diktat, poursuit Jean-Marc Puissesseau. Mais je demande qu'à compter du 31 décembre, nous soyons indemnisés sur la base du coût réel. Je laisse les livres de comptes ouverts, pour que chacun puisse contrôler le montant de nos dépenses."

Le port de Calais a perdu 30 millions d'euros de chiffre d'affaires depuis le début de la crise du coronavirus.