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La mère de Cédric Herrou, l'agriculteur poursuivi pour aide aux migrants, a écrit une lettre au procureur de Nice

"Je suis la mère de celui contre lequel vous vous acharnez." Dans une lettre envoyée au procureur de Nice, la mère de Cédric Herrou revient sur les fondements de l'engagement de son fils.

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Cédric Herrou connaitra le jugement du tribunal le 10 février 2017. Ici à Nice, le 4 janvier. (VALERY HACHE / AFP)

"C'est têtu un Breton, et ça n'a pas peur des tempêtes." La mère de Cédric Herrou, l'agriculteur de 37 ans poursuivi pour aide aux migrants, a décidé de prendre la parole pour raconter leur histoire familiale et les fondements de l'engagement de son fils. Cette lettre a été envoyée au procureur de Nice et publiée sur Facebook, dimanche 22 janvier.

"Pour que vous compreniez... Nous avons été "famille d'accueil" pendant 25 ans. Cédric avait 5 ans, Morgan 7, quand les premiers enfants sont arrivés. Ils ont partagé leurs jouets, leur table, leur maison, leurs parents avec 15 enfants délaissés, de toutes origines, certains battus, violés", explique celle qui signe "Mama Herrou". Le 4 janvier, son fils a comparu à Nice pour aide à l'entrée, au séjour et à la circulation d'étrangers en situation irrégulière. Le parquet a requis huit mois de prison avec sursis à son encontre. 

Elle interpelle Eric Ciotti et Christian Estrosi

Une situation inacceptable pour la mère de Cédric Herrou. Dans sa lettre, elle est aussi revenue sur son histoire personnelle, pour interpeller des responsables politiques de la région. "Ma grand -mère paternelle a elle aussi, en 1918 passé la frontière d'Italie à pied, par les montagnes elle a perdu le bébé qu'elle portait au cours de ce périple, (peut-être a t'elle croisé à ce moment là les grands mères de messieurs Ciotti et Estrosi, qui sait ?)", écrit-elle. C'est toujours dans cette vallée franco-italienne que Cédric Herrou offre le gîte et le couvert à des migrants depuis plusieurs mois. 

"Voilà monsieur le Procureur, et tous ceux qui le traite de passeur, de trafiquant d'êtres humains et de voleur voilà à qui vous avez à faire", conclut la mère de Cédric Herrou. Le jugement de son fils doit être rendu le 10 février.

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