La France demande à l'Italie d'accueillir le navire humanitaire "Alan Kurdi"

Le navire, qui transporte quelque 130 migrants, fait route vers Marseille.

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Le navire "Alan Kurdi", de l'ONG allemande Sea-Eye, photographié le 11 septembre 2020. (JORIS GRAHL / SEA-EYE.ORG / AFP)

Vers une nouvelle bataille diplomatique sur les sauvetages en mer ? La France a demandé à l'Italie, mercerdi 23 septembre, de laisser accoster le navire humanitaire Alan Kurdi, qui fait actuellement route vers Marseille avec quelque 130 migrants secourus à bord.

"Nous avons toujours été au rendez-vous de la solidarité avec l'Italie depuis deux ans. Nous portons à ses côtés un mécanisme de solidarité pour la prise en charge des débarquements ; nous lui demandons donc de répondre favorablement à la demande faite par l'ONG d'accoster dans le port sûr le plus proche", indique le ministère de l'Intérieur.

Le bateau de l'ONG allemande Sea-Eye "doit être accueilli dans le port sûr le plus proche", avait indiqué plus tôt mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, la France déclinant ainsi implicitement toute possibilité de laisser accoster le navire à Marseille. L'Alan Kurdi a annoncé mercredi faire route vers Marseille après avoir vu échouer ses tentatives de rejoindre l'Italie. "L'inaction des autorités italiennes et allemandes nous contraint à cette mesure", a assuré le dirigeant de l'ONG, Gorden Isler.

Paris demande le respect des "principes humanitaires"

Alors que va advenir de ce bateau, qui se trouvait mercredi entre la Sicile et la Sardaigne ? "Tous les acteurs, étatiques et non-étatiques, doivent respecter les principes humanitaires et notamment celui du port sûr le plus proche. Nous travaillons en urgence dans le respect de ces principes avec l'Italie et nos partenaires européens. Une solution sera trouvée et l'ONG doit la respecter", insiste le ministère de l'Intérieur français. Autrement dit, le navire doit attendre de se voir désigner un port par les autorités italiennes.

De son côté, la ville de Marseille s'était dite prête à accueillir "sans condition" le bateau, même si la France a toujours refusé une telle option. Le principe du débarquement de rescapés dans le "port sûr" le plus proche, inscrit dans le droit maritime international, revient en général à confier ce premier accueil, lors d'opérations de sauvetage en Méditerranée centrale, à l'Italie ou à Malte.

C'est pour soulager ces pays en première ligne qu'un mécanisme de solidarité spécifique aux sauvetage en mer est prévu dans le nouveau "Pacte européen sur la migration et l'asile", présenté par la commission européenne et qui doit encore être soumis au vote des Vingt-Sept. Il propose notamment de mettre à l'abri des poursuites judiciaires les ONG sauvant des migrants, alors que depuis plusieurs semaines tous les navires humanitaires ayant accosté en Italie y sont restés immobilisés par les autorités locales.

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