Justice : un prêtre interdit d'accueillir des migrants dans son église

 Depuis près de dix ans, à Saint-Étienne, le père Riffard ouvrait chaque nuit les portes de son église aux demandeurs d'asile. Désormais, cela lui est interdit par un arrêté du préfet. 

FRANCE 3

Dans son église de Saint-Étienne, la scène se répète. Le père Riffard passe son temps à expliquer qu'il ne pourra plus accueillir de demandeurs d'asile la nuit. "Les gens qui arrivent, qui ne connaissent personne, qui ont vécu des choses dures dans leur pays, la première question qu'ils posent c'est 'où est-ce que je vais dormir cette nuit ?'", selon le curé. 

Une épopée judiciaire


Depuis 2007, l'église du père Riffard héberge des réfugiés, jusqu'à 80 personnes à la fois. Une situation qui lui a valu des problèmes judiciaires. En 2013, le bâtiment est jugé trop vétuste pour l'accueil. Mais malgré un arrêté municipal, le prêtre continue. L'année suivante, il est relaxé par le tribunal de police de Saint-Étienne, mais le parquet fait appel. Finalement, le procureur de la République de Saint-Étienne intervient par injonction. Joint au téléphone, il a expliqué à France 3 qu'il faisait seulement cesser une infraction qui n'avait que trop duré. Les migrants doivent donc désormais quitter les lieux. Sur les 65 personnes concernées, 20 n'ont pas trouvé de solution.

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Un visiteur dans l\'église du village d\'Oradour-sur-Glane en 2007
Un visiteur dans l'église du village d'Oradour-sur-Glane en 2007 (PIERRE ANDRIEU / AFP)