Italie : quand les agriculteurs exploitent les migrants

En Italie, les agriculteurs de la région calabraise ont pris l'habitude d'employer des migrants sans les déclarer, avec un salaire bien en dessous du minimum légal.

France 2

Pour produire ses oranges, ses kiwis, ses oignons et ses olives, la Calabre (Italie) peut compter sur les migrants. La majorité travaille sans fiche de paye. En caméra cachée, le propriétaire d'une ferme nous explique que les travailleurs italiens coûtent plus cher, 60 € par jour contre 35 à 40 € pour les migrants. Sur un parking, plus loin, des migrants attendent et espèrent qu'un fermier passera pour leur donner du travail, ils ont bien conscience d'être sous-payés.

Les migrants sont devenus indispensables pour l'agriculture locale

Tous vivent dans les environs, dans un immense camp. Au milieu de cabanes en tôle ondulée, 1 000 personnes survivent sans eau courante, au milieu d'ordures nauséabondes. Sous leur tente de fortune, tous racontent un système de travail bien rodé où le fait qu'ils soient parfois clandestins ne pose aucun problème à l'employeur. Les migrants sont exploités et ils le savent. Ils sont pourtant devenus nécessaires à l'agriculture calabraise, ce qui n'a pas empêché la région de voter à 30% pour les partis populistes lors des dernières élections.

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Des migrants descendent de l\'Aquarius lors de leur arrivée à Valence (Espagne), le 17 juin 2018.
Des migrants descendent de l'Aquarius lors de leur arrivée à Valence (Espagne), le 17 juin 2018. (KARPOV / SOS MEDITERRANEE / AFP)