Italie : polémique après la mort d'une migrante enceinte qui avait tenté en vain de gagner la France

Une information judiciaire a été ouverte, samedi 24 mars, à Turin, après la mort d'une migrante nigériane.

La gare de Bardonecchia (Italie), à la frontière franco-italienne, devant laquelle des gendarmes français ont déposé une migrante nigériane, malade et enceinte, en pleine nuit, le 9 février 2018.
La gare de Bardonecchia (Italie), à la frontière franco-italienne, devant laquelle des gendarmes français ont déposé une migrante nigériane, malade et enceinte, en pleine nuit, le 9 février 2018. (GOOGLEMAPS)

Comment en est-on arrivé là ? Samedi 24 mars, une information judiciaire a été ouverte en Italie, après la mort d'une Nigériane, enceinte et malade, qui avait tenté en vain de gagner la France avec son mari. Elle est morte la semaine dernière dans un hôpital de Turin. Son bébé, né par césarienne juste avant, est un grand prématuré mais se porte plutôt bien, selon les médecins.

La jeune femme de 31 ans et son mari vivaient près de Naples. Quand elle a réalisé qu'elle souffrait d'un lymphome, elle a souhaité finir sa grossesse auprès de sa sœur en France, mais les gendarmes français ont bloqué le couple à la frontière, le 9 février dernier.

Déposée en pleine nuit devant une gare

Alors que la jeune femme était enceinte de six mois et peinait à respirer à cause de son lymphome, les gendarmes l'ont simplement déposée en pleine nuit devant la gare de Bardonecchia, tout près de la frontière, selon Rainbow for Africa. "Les transporteurs traitent mieux les colis", a dénoncé Paolo Narcisi, un responsable de cette association qui participe à l'aide aux migrants du côté italien des Alpes.

Le mari a ensuite précisé à des médias italiens que c'est lui qui avait été bloqué à la frontière, et que sa femme, autorisée à entrer en France, avait choisi de rester avec lui. Hospitalisée à Rivoli, au pied du Val de Suze, puis dans un service spécialisé à Turin, elle n'a survécu que quelques semaines.

Son bébé, prénommé Israël, né le 15 mars à 29 semaines de grossesse, pesait alors 700 grammes. En une semaine, passée essentiellement sur le ventre de son père, il a atteint près de 1 kg, selon les services médicaux. L'histoire est largement reprise dans les médias italiens, qui rappellent les déboires en France d'un bénévole convoqué après avoir porté assistance à une famille nigériane, dont une femme enceinte.