Immigration : dans les méandres du droit d'asile

Mardi 20 février, France 2 est partie à la découverte du parcours d'un demandeur du droit d'asile dans l'Hexagone. Reportage.

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France 2

C'est la première étape de leur demande d'asile : une file d'attente à Paris devant les locaux de l'association France terre d'asile, chargée par l'État d'accueillir ici ces migrants. Ils viennent d'Afghanistan, de Syrie, de Côte d'Ivoire. Ce mardi matin encore, tous ne pourront pas entrer. Interrogé sur l'heure de son arrivée dans la file d'attente, un homme indique être venu dès 19 heures, la veille, et avoir dormi sur place. Un autre indique faire la queue depuis trois semaines. À l'arrière de la queue, les salariés de l'association conseillent ceux qui ne seront pas reçus, un tiers de la foule ce jour-là. Ceux qui entrent obtiennent lors de ce premier rendez-vous une date : celle du dépôt officiel de leur demande d'asile en préfecture.

Réduire les délais

Mais avant cette deuxième étape, ils doivent encore patienter. 33 jours ouvrables d'attente, c'est le délai moyen à Paris. Pourtant, le gouvernement veut le réduire à trois jours, comme l'exige la loi européenne. Pour rattraper le retard, la préfecture de police de Paris va augmenter ses effectifs. Gagner du temps, c'est aussi l'objectif fixé à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), la troisième étape de la procédure. Il faut aujourd'hui quatre mois par dossier, le gouvernement veut atteindre deux mois. C'est dans ces bureaux que l'asile est accordé ou non. Il y a d'abord un entretien avec le migrant puis une enquête pour vérifier son récit. Mais réduire les délais pose un problème pour certains : "Juger vite ce n'est pas forcément juger bien", estime notamment Delphine Lecombe, rapporteur de la Cour nationale du droit d'asile. L'an dernier 100 000 personnes ont demandé l'asile en France, un statut obtenu dans 36 % des cas.

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Un homme venu du Soudan consulte son téléphone portable dans un centre d'accueil et d'orientation pour migrants, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), le 4 janvier 2017. (LOIC VENANCE / AFP)