Immigration : Christophe Castaner se dit ouvert à un débat sur la mise en place de quotas

Dans une interview au "JDD", le ministre de l'Intérieur a en revanche exclut l'idée d'imposer des quotas en ce qui concerne le droit d'asile.

Christophe Castaner quitte l\'Elysée, le 12 juin 2019, à Paris.
Christophe Castaner quitte l'Elysée, le 12 juin 2019, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Christophe Castaner ouvre une porte symbolique dans le débat sur l'immigration. Le ministre de l'Intérieur réfute l'idée d'instaurer des quotas sur le droit d'asile, mais n'exclut pas que la question soit posée pour "d'autres modes d'immigration légale", dans une interview accordée dimanche 16 juin au Journal du dimanche.

"En matière d'asile, les quotas sont contraires à nos engagements internationaux – et à mon éthique personnelle. Toute demande d'asile doit être examinée, ce qui ne veut pas dire acceptée, déclare ainsi Christophe Castaner. Mais la question des quotas pourra être posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", nuance-t-il ensuite, sans préciser quel type d'immigration pourrait être concernée (familiale, économique, étudiante...). Il n'estime cependant pas nécessaire une nouvelle loi sur l'immigration. 

Veillons aussi à ce que le débat sur l'immigration ne se focalise pas que sur le nombre d'immigrés : parlons aussi de la qualité de l'intégration, c'est prioritaire.Christophe Castanerau JDD

Mercredi, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé dans son discours de politique générale à l'Assemblée que le gouvernement organiserait "chaque année un débat au Parlement" sur la politique d'asile et d'immigration. Le premier aura lieu en septembre. En janvier, le chef de l'Etat Emmanuel Macron avait, dans sa Lettre aux Français, évoqué l'idée d'"objectifs annuels" migratoires qui pourraient être fixés par le Parlement, sans toutefois évoquer le terme de quotas.

"Inefficaces", "irréalisables ou sans intérêts"

Dans son interview au JDD, Christophe Castaner rappelle qu'un rapport sur les quotas rédigé en 2009 par Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, avait "conduit à écarter cette idée". La "commission Mazeaud avait en effet jugé ces quotas "inefficaces", "irréalisables ou sans intérêts". Elle avait aussi estimé que ce mécanisme était synonyme de "fixation unilatérale et opportuniste de contingents d'entrée".