Ils ont fait l'actu. Que devient Xavier Malle, l'évêque de Gap et d’Embrun ?

Le 26 avril 2018, l'évêque de Gap (Hautes-Alpes) lance un appel à la solidarité nationale pour organiser l'accueil des migrants mineurs isolés. Ce département alpin de 240 000 habitants a dû faire face à l'arrivée de 1 600 mineurs migrants. Sébastien Baer a rencontré Xavier Malle.

Xavier Malle, évêque de Gap et d’Embrun.
Xavier Malle, évêque de Gap et d’Embrun. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

L'appel de l'évêque de Gap a, semble-t-il, été entendu puisque l'État a accordé une aide financière au département des Hautes-Alpes trois mois après son appel à l'aide pour 1 600 réfugiés migrants qui étaient arrivés dans son département.

Xavier Malle tire un bilan positif de la situation même s'il est devenu la cible des militants anti-migrants : "Je me suis demandé quelle était ma mission d'éveil par rapport à cette situation mais il me semble qu'une de mes missions c'était d'aider a donner des critères de discernement. Il ne s'agit pas pour moi de donner des leçons. Quand j'étais curé avant dans un village rural en Touraine les migrants ce n'était pas notre problème, ils ne descendaient pas dans la campagne. Ici le problème c'est que les mineurs migrants passent à la frontière dans le nord du département et descendent sur Gap et c'est là qu'on doit s'en occuper." 

Un cas de conscience ? 

L'évêque de Gap, Xavier Malle,  est clair sur sa réponse : "Il ne s'agit pas d'un cas de conscience mais je me suis demandé : est-ce qu'il est opportun ou pas de le faire maintenant ? Politiquement, au sens noble du mot, est-ce que c'est le moment de le faire ou pas ?  Xavier Malle a finalement considéré que "c'était le moment à l'époque (au mois d'avril) parce qu'on avait besoin, donc j'ai relancé un nouvel appel  plus directement au niveau des chrétiens locaux dans les Hautes-Alpes, pour qu'ils accueillent des mineurs migrants chez eux."

Quelles réactions parmi ses paroissiens ?

"Une grande bienveillance chez la majorité d'entre eux, même si quelques-uns ont râlé. La difficuté, c'est qu'aujourd'hui quand on parle de migrants, les gens n'écoutent plus. Mais c'est notre devoir de les accueillir." Mgr Malle a, dit-il, "quand même été surpris par la haine de certaines réactions... jusqu'à une menace de mort. Il y a un vent mauvais qui souffle dans notre pays, par rapport à l'accueil des migrants. Une partie de la population a peur, et d'autres jouent sur cette peur. Mais la peur n'est jamais bonne conseillère, et ne résoud pas les problèmes."