Expulsions des étrangers soupçonnés de radicalisation : la France envisage une réduction "ciblée" du nombre de visas

La gouvernement réfléchit à réduire le nombre de visas attribués aux responsables politiques et économiques originaires de pays qui rechignent à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière et suivis pour radicalisation.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.

La France veut faire de l'expulsion des étrangers en situation irrégulière et suivis pour "radicalisation" une priorité. Voilà pourquoi le gouvernement envisage une réduction "ciblée" du nombre de visas attribués aux pays peu enclins à reprendre leurs ressortissants présentant ce profil, a expliqué le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dimanche 15 novembre, invité de l'émission "Le Grand Rendez-Vous" d'Europe 1, des Echos et de Cnews. "Nous avons des leviers pour le faire, par exemple les visas (...) en ciblant des responsables politiques, des responsables économiques", a-t-il ajouté 

La question des expulsions a pris un tour particulièrement aigu en France après les récentes attaques terroristes, notamment l'attentat à la basilique Notre-Dame de Nice (Alpes-Maritimes), fin octobre, commis par un Tunisien récemment arrivé en Europe. En tournée dernièrement dans les pays du Maghreb, le ministre français de l'Intérieur, Gérard Darmanin, leur a présenté une liste de ressortissants qui n'ont pas de titre de séjour en France et soupçonnés de radicalisation, que Paris souhaite expulser. Selon la place Beauvau, la France compte 231 étrangers dans cette situation, dont une soixantaine de Tunisiens, autant de Marocains et un peu plus d'Algériens. 

"Il faut passer par une action européenne"

Clément Beaune a également insisté sur la nécessité d'agir avec les autres pays européens, notamment ceux de l'espace Schengen, pour une meilleure efficacité."Il faut sortir de la naïveté, il faut passer par une action européenne parce que nous sommes plus forts dans ces pressions", a-t-il martelé. Début novembre, Emmanuel Macron s'était dit "favorable" à refonder l'espace Schengen "en profondeur", pour qu'il "protège mieux ses frontières communes".