Évacuation de campements de migrants à Paris : "Une partie des personnes se sont évaporées dans Paris", d'après l'adjointe à la mairie chargée de la solidarité

Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris estime qu'"une partie des personnes" présentes sur le campement "n'ont pas intérêt à se trouver dans les gymnases ouverts par l'État" et "se sont évaporées dans Paris".

Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris en charge des solidarités et de l\'accueil des réfugiés.
Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris en charge des solidarités et de l'accueil des réfugiés. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris chargée des solidarités et de l'accueil des réfugiés, s'est rendue sur les lieux de l'évacuation de deux campements porte de la Chapelle, à cheval sur le nord-est parisien et la Seine-Saint-Denis jeudi 7 novembre. Elle prévient qu'"une partie des personnes" présentes sur le campement "n'ont pas intérêt à se trouver dans les gymnases ouverts par l'État" et "se sont évaporées dans Paris".

franceinfo : Est-ce que toutes les opérations se déroulent dans le calme ?

Dominique Versini : On peut dire que tout se déroule dans le calme et le respect des personnes. Il y a beaucoup d'associations présentes et de travailleurs sociaux. Une partie des personnes se retrouveront toujours à la rue ce soir parce qu'il y a deux campements à Paris, à la porte de la Chapelle et porte d'Aubervilliers, et le préfet ne fera la mise à l'abri de celui de la porte d'Aubervilliers qu'ultérieurement, on ne sait pas quand.

Combien de personnes sont évacuées ce matin ?

Sur un campement qui comptait 1 300 personnes environ, sont là ce matin 500 hommes isolés environ, qui vont être évacués dans les gymnases et orientés vers les dispositifs d'asiles, et 238 personnes en famille, avec des enfants. Cela fait donc 800 personnes, en tout, sur 1 300 qui se sont évaporées dans Paris. Beaucoup sont partis, puisque l'information a largement fuité. Toutes les personnes "dublinées", qui sont demandeurs d'asile mais qui ont déposé leurs empreintes dans un autre pays d'Europe (et qui doivent attendre 18 mois pour présenter leur demande d'asile en France) sont partis. Ils n'ont pas intérêt à se trouver dans les gymnases ouverts par l'État.

Vous en êtes depuis 2015 à votre 59ème démantèlement de camp ?

Oui, la 59ème opération de mise à l'abri, parce qu'avec l'absence de politique d'accueil, les gens n'ayant pas de centre humanitaire le long des routes migratoires se posent dans les rues. Ils sont maintenant le long du périphérique, ce qui est très dangereux. Et il reste le camp de la porte d'Aubervilliers avec 1 700 personnes. Moi, ma seule question à Christophe Castaner, c'est : est-ce qu'il va y avoir une vraie politique de l'accueil, c'est-à-dire des lieux d'accueil dignes tout le long des routes migratoires pour qu'ils puissent se poser, être informés, évalués ? Est-ce qu'on va vraiment réussir à mettre fin aux campements de rues ?

Hier, le gouvernement a annoncé l'ouverture de nouveaux centres, mais uniquement pour ceux qui sont demandeurs d'asile. Ça ne suffit pas ?

Non, parce que sur les camps il y a non seulement des demandeurs d'asile, mais aussi 15% à 20% de réfugiés statutaires, qui ont déjà passé l'étape de la demande d'asile et ont le statut de réfugiés. J'espère qu'avec cette mise à l'abri ils vont pouvoir avoir une solution. Et puis il y a les "dublinés". Pourquoi est-ce qu'on n'examine pas leur demande d'asile, alors que ce serait possible si le gouvernement le voulait ? Ce serait pas mal de pouvoir examiner en temps réel la situation des gens et ne pas les laisser attendre 18 mois dans la rue.