Deux Afghans expulsés de France : deux ONG dénoncent une "violation du droit international"

Les expulsions vers l'Afghanistan sont très rares, la situation étant particulièrement dangereuse dans le pays. 

Le centre de rétention administrative de Rennes (Ile-et-Vilaine), le 15 mars 2012. 
Le centre de rétention administrative de Rennes (Ile-et-Vilaine), le 15 mars 2012.  (FRANK PERRY / AFP)

Le premier est détenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et doit être expulsé le 7 septembre. L'expulsion du second, enfermé dans le centre de rétention administrative de Rennes (Ile-et-Vilaine), est prévue pour le 18 septembre. Cette procédure "viole le droit international", dénoncent vendredi 6 septembre l'ONG Amnesty International et la Cimade, association de soutien aux migrants.

Hasard du calendrier, le ressortissant afghan détenu à Rennes doit être expulsé le 18 septembre, date à laquelle sera examiné à l'Assemblée nationale un projet de loi de ratification d'un accord entre l'Union européenne et l'Afghanistan. Ce texte, déjà adopté par le Sénat, inquiète particulièrement Amnesty et la Cimade, notamment son article 28 qui évoque une "coopération" pour "empêcher les flux migratoires irréguliers".

"La situation en Afghanistan, où de plus en plus d'attentats ciblent des civils, est telle qu'avec ces renvois la France viole le droit international et le principe de non-refoulement qui interdit tout renvoi d'une personne qui l'exposerait à des violations graves de ses droits", explique Lola Schulmann, responsable des questions migratoires chez Amnesty France. "Des éloignements contraints vers l'Afghanistan peuvent avoir lieu. Ils restent toutefois très rares, 11 en 2017, 11 en 2018", a réagi le ministère de l'Intérieur, sans pour autant commenter les cas dénoncés.