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Des conditions "pires" qu'à Calais pour 500 migrants installés dans un parc de Bruxelles

En Belgique, des ONG redoutent une crise humanitaire depuis que 500 migrants se sont installés dans le parc Maximilien à Bruxelles. Une association décrit une situation "pire" que dans l'ex-"Jungle" de Calais, sans aucune infrastructure.  

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Radio France
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Des migrants vivent dans un parc de Bruxelles sans aucune infrastructure, dénonce Médecins du monde, alors qu'en 2015, une situation similaire avait entraîné l'aide de l'Etat belge (illustration)  (FRANCOIS LENOIR / REUTERS)

Des associations humanitaires belges tirent la sonnette d'alarme mercredi sur une situation qui se dégrade dans le parc Maximilien de Bruxelles. Au cours de l'été, environ 500 migrants s'y sont installés. En 2015, lors d'un phénomène similaire, des tentes et des infrastructures avaient été mises à disposition, dans l'attente des demandes d'asile. Cette fois, ce n'est pas le cas. De nombreux migrants veulent aller en Grande-Bretagne et vivent l'attente dans un total dénuement. 

Des conditions "pires" qu'à Calais pour 500 migrants installés dans un parc de Bruxelles - un reportage de Laxmi Lota
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De nombreux migrants, arrivés ces dernières semaines à Bruxelles, ont effectué un long périple. Un adolescent de 15 ans égrène les frontières terrestres et maritimes qu'il a dû franchir : "L'Erythrée, le Soudan, le Tchad, la Libye, puis l'Italie, la France et à présent, la Belgique." Des bagages ont été rangés dans les arbres. Autour du seul point d'eau à leur disposition, ils profitent d'une journée ensoleillée pour faire un peu de lessive. Chaussures et vêtements mouillés sont disséminés ici et là sur les grillages du parc. De nombreux migrants sont dans l'attente d'une nouvelle étape vers leur objectif final : la Grande-Bretagne.

Si j'ai de la chance je vais en Angleterre, sinon, je demanderai l'asile ici.

Un jeune migrant, installé dans le parc Maximilien à Bruxelles

Un de ses voisins dit vouloir rester dans cette Belgique qu'il découvre, mais ils sont moins nombreux à faire ce choix. Dans le parc, autour d'une aire de jeu occupée par des enfants, des migrants dorment, la tête sur leur sac. Ils semblent prêts à partir à tout moment. D'autres bavardent et prennent le temps d'apprécier un repas apporté par le voisinage.

Une configuration "pire" qu'à Calais

L'ONG Médecins du monde suit jour après jour le campement dans le parc. Pierre Verbeeren, directeur de l'association en Belgique, estime que la situation s'est dégradée, au point de dépasser les caractéristiques de l'ex-"Jungle" de Calais.

C’est même pire que la Jungle de Calais puisque tout est fait pour qu’aucune structure, comme une tente ou une cabane, ne puisse être installée.

Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du monde en Belgique

"Imaginez Calais sans ses petits cabanons. C’est ça la situation du parc Maximilien", ajoute le responsable de l'association, d'autant plus inquiet qu'il a recensé des cas de tuberculose parmi les migrants. Plusieurs associations demandent la création d'un centre officiel pour accueillir et informer cette population. Mais les autorités ont refusé pour l'instant. Le secrétaire d'Etat à l'asile et à la migration, Théo Francken, a déclaré qu'il voulait "renvoyer ces migrants illégaux dans leur pays", s'ils ne veulent pas le faire volontairement.      

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