Demandeurs d'asile : en France après l'enfer libyen

Avant la présentation de la loi immigration-asile du gouvernement cette semaine, France 3 est allée à la rencontre de jeunes exilés guinéens, demandeurs d'asile à Lille (Hauts-de-France). Rescapés de la Libye où ils ont été kidnappés, vendus, puis réduits à l'esclavage, ils restent traumatisés.  

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France 3

Nous avons rencontré Ibrahim dans un squat, à Lille (Hauts-de-Seine). Son voyage jusqu'en France à duré deux ans. Depuis sa Guinée natale, il a traversé le Mali, le Burkina, le Niger et la Libye, porte d'entrée vers l'Europe et passage quasi obligé des migrants africains. Là-bas, il a été esclave pendant six mois. "En Libye quand ils prennent un black, ils lui disent :'tu es un esclave'. À 6 heures, on te réveille, tu travailles. (...) C'est du travail forcé", confie-t-il. La plupart du temps en Libye, les candidats à l'exil sont kidnappés en pleine rue. C'est ce qui est arrivé à Kalifala, l'ami d'Ibrahim. "Il est descendu de sa voiture avec l'arme dans sa main. Il m'a braqué, il m'a dit 'viens !', il m'a pris à la ceinture, il m'a fait monter à l'arrière (...) Après trois ou quatre jours, ils m'ont envoyé dans une grande salle. Ils discutaient du prix pour m'acheter. Moi, quelqu'un m'a acheté à 350", relate-t-il.

Passeurs et esclavagistes, deux mèches d'un système mafieux

350 euros, c'est aussi la somme de la vente d'esclaves en Libye : cette vidéo révélée par la chaîne américaine CNN a fait le tour du monde à l'automne 2017. Contraints au travail forcé ou survivre entassés dans des camps, voilà le sort des migrants subsahariens en Libye. Dans ce système, les migrants sont aussi rançonnés en permanence. Libérés contre rançon ou alors un jour, quand le geôlier estime que le droit de passage vers l'Europe a été acquis. Dans ce système mafieux, passeurs et esclavagistes sont de mèche. Ibrahim et Kalifala espèrent obtenir l'asile en France.

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esclave libye squat lille  (France 3)