Cherbourg : une enquête ouverte pour assassinat après la mort d'une figure de l'aide aux migrants

L'agresseur présumé est entré sans effraction au domicile de la victime, un enseignant à la retraite, avant de la frapper avec un objet contondant. Un migrant afghan a été arrêté et a reconnu les faits, selon le procureur de la République.

Vue aérienne de Breteville (Manche), le 28 mai 2012.
Vue aérienne de Breteville (Manche), le 28 mai 2012. (LEROY FRANCIS / HEMIS.FR / AFP)

Jean Dussine était âgé de 63 ans. Le parquet a ouvert, mercredi 13 mai, une information judiciaire pour l'assassinat de cette figure de l'aide aux migrants à Cherbourg (Manche). Son corps a été retrouvé mardi, peu avant l'arrestation d'un suspect afghan.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'agresseur présumé est entré sans effraction au domicile de la victime, un enseignant à la retraite, à Bretteville, près de Cherbourg, avant de la frapper avec un objet contondant.

"Nous partons sur l'assassinat et non pas le meurtre. Il y va [au domicile] visiblement pour cela (...). Pour l'instant, les lésions constatées sont situées à la tête. (...) Il n'y a pas de traces de violences réciproques. On pourrait penser que Jean Dussine n'a pas eu le temps de se défendre", a déclaré le procureur de la République de Cherbourg, Yves Le Clair.

Sa "générosité était connue de tous"

Le suspect, retenu dans sa fuite par six migrants hébergés par Jean Dussine, a reconnu les faits, mais "ne donne aucun élément sur ce qui a motivé son geste ni sur ses rapports avec la victime", a précisé Yves Le Clair.

Entendus comme témoins, les six migrants ont indiqué que le mis en cause n'était pas hébergé au domicile de l'enseignant retraité, qui présidait l'association d'aide aux migrants Itinérance depuis 2016.

L'annonce de sa mort a suscité de nombreuses réactions. Le sénateur LR Philippe Bas s'est dit "bouleversé par le meurtre de Jean Dussine dont la générosité était connue de tous et force l'admiration".