Aide aux migrants : l'agriculteur militant Cédric Herrou relaxé par la cour d'appel de Lyon

"C'est le triomphe de la raison et du droit", s'est félicitée Sabrina Goldman, l'une des conseils du prévenu. Cédric Herrou avait été condamné à de la prison avec sursis pour avoir aidé près de 200 migrants à franchir la frontière entre l'Italie et la France.

Cédric Herrou, au tribunal de Lyon (Rhône), le 11 mars 2020.
Cédric Herrou, au tribunal de Lyon (Rhône), le 11 mars 2020. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Contactée, la défense de l'agriculteur a évoqué un "vrai soulagement". Cédric Herrou, symbole de l'aide aux migrants, a été "renvoyé de toutes les poursuites" à son encontre, mercredi 13 mai, par la cour d'appel de Lyon qui le rejugeait après la consécration du "principe de fraternité" par le Conseil constitutionnel.

L'agriculteur militant de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, a également été dispensé de peine pour les faits d'"installation en réunion sur un terrain appartenant à autrui sans autorisation", en l'espèce une colonie désaffectée de la SNCF, qui n'avaient pas été contestés.

Condamné à 4 mois de prison avec sursis il y a près de trois ans

Cédric Herrou avait saisi le Conseil constitutionnel après avoir été condamné en août 2017 à quatre mois de prison avec sursis par la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour avoir convoyé quelque 200 migrants, principalement érythréens et soudanais, de la frontière italienne jusqu'à chez lui, puis d'avoir organisé un camp d'accueil.

Le 6 juillet 2018, les Sages estimaient qu'"une aide désintéressée aux migrants, qu'elle soit individuelle ou 'militante' et organisée, ne doit pas être poursuivie". En découlait "la liberté d'aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national".

La Cour de cassation a retenu ce "principe de fraternité" et a annulé en décembre 2018 la condamnation de Cédric Herrou, renvoyant l'affaire devant la cour d'appel de Lyon, qui l'a relaxé mercredi. "C'est le triomphe de la raison et du droit", s'est félicitée Sabrina Goldman, l'une des conseils du prévenu. "Pourquoi s'acharner sur quelqu'un qui n'a fait qu'aider ? Comment considérer ce qu'il a fait autrement qu'une action humanitaire ?"