Un convoi humanitaire russe se dirige vers l'Ukraine malgré les mises en garde occidentales

Le Kremlin assure que l'aide humanitaire qu'il s'apprête à acheminer à Donetsk et dans sa région n'est pas destinée aux séparatistes prorusses et que le convoi ne sera pas escorté par des militaires.

Le président russe, Vladimir Poutine, le 16 juillet 2014, à Brasilia (Brésil) pour le sommet des Brics.
Le président russe, Vladimir Poutine, le 16 juillet 2014, à Brasilia (Brésil) pour le sommet des Brics. (FELIPE DANA / AP / SIPA)

Un convoi humanitaire russe de plus de 260 camions est attendu, mercredi 12 août, à la frontière avec l'Ukraine, pour apporter une aide aux populations victimes des combats entre l'armée et les séparatistes dans l'est du pays. Et ce, en dépit des mises en garde occidentales contre toute intervention unilatérale de la Russie en territoire ukrainien.

La colonne de camions s'étend sur plus de 3 km et ce convoi russe entend acheminer plus de 1 800 tonnes d'aliments, de médicaments et de générateurs, selon le ministère russe des Affaires étrangères. La longue cohorte est partie tôt, mardi, de la base militaire d'Alabino, au sud-ouest de Moscou.

La Croix-Rouge en médiatrice

Le président russe, Vladimir Poutine, a justifié lundi l'envoi de cette aide par les conséquences "catastrophiques", selon lui, de l'offensive menée par l'armée ukrainienne contre Donetsk et Louhansk, les deux derniers bastions des insurgés séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Mais l'Ukraine, qui accuse la Russie d'armer les rebelles prorusses – ce que dément Moscou – a prévenu qu'un tel convoi ne pourrait pénétrer sur son territoire. "Cette cargaison pourrait traverser un poste-frontière ukrainien et être rechargée dans des véhicules du Comité international de la Croix-Rouge", a prévenu Kiev.

La Russie est cependant loin d'avoir convaincu l'Occident de ses bonnes intentions. Dans une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine, mardi, François Hollande a "insisté sur les très vives inquiétudes que suscitait la perspective d'une mission unilatérale russe sur le territoire ukrainien". Pour le président français, une opération humanitaire ne peut intervenir sur le territoire ukrainien "qu'avec l'accord des autorités nationales ukrainiennes, tant sur le format que sur les modalités de mise en œuvre".

Les Etats-Unis se sont dits prêts à approuver l'envoi du convoi à condition qu'il soit contrôlé à la frontière et que la distribution de l'aide, une fois la frontière franchie, soit confiée à la Croix-Rouge.

"Aucune escorte militaire", assure le Kremlin

Selon les images des télévisions russes, aucun véhicule militaire n'était visible mardi au sein ou à proximité du long convoi de camions. Le Kremlin a assuré que le convoi était "sans escorte militaire", alors que Kiev et les Occidentaux soupçonnent la Russie de vouloir, sous couvert d'une telle aide, voler au secours des rebelles prorusses mis en grande difficulté par l'offensive ukrainienne.

A bord des camions ont été stockés 400 tonnes de céréales, 100 tonnes de sucre, 54 tonnes de médicaments et de matériel médical, ainsi que 69 générateurs et 12 300 sacs de couchage, selon Moscou.