Ukraine : une enquête contredit la version officielle sur les snipers de la place Maïden

Un reportage de la télévision allemande montre qu'il y avait bien deux équipes de snipers aux objectifs différents lors des violences à Kiev en février dernier.

Les troupes antiémeute ukrainiennes ont lancé un nouvel assaut mercredi 19 février, au petit matin, contre les manifestants réunis sur la place Maïden à Kiev.
Les troupes antiémeute ukrainiennes ont lancé un nouvel assaut mercredi 19 février, au petit matin, contre les manifestants réunis sur la place Maïden à Kiev. (GENYA SAVILOV / AFP)

Qui sont ces snipers qui ont tué des manifestants d'une balle dans le dos en février à Kiev, en Ukraine ? C'est la question à laquelle tente de répondre une enquête de la télévision publique allemande ARD, repérée par le journal Sud Ouest. Le sujet démontre la présence d'au moins deux équipes de snipers lors des violences à Kiev entre le 18 et le 20 février.

Une première équipe est constituée de policiers. L'identité de la seconde équipe située dans les étages supérieurs de l'hôtel Ukraïna, le quartier général de l'opposition, reste à déterminer. Deux équipes aux objectifs parfois contraires ce qui expliquerait pourquoi les blessés par balles de la place Maïden étaient composés à la fois des manifestants et des policiers. L'existence de cette deuxième équipe de snipers permettrait aussi de comprendre pourquoi des manifestants ont été tués d'une balle dans le dos.

Au rayon des preuves, des enregistrements audios des échanges entre les snipers "gouvernementaux" montrent ces derniers s'étonner de voir des tirs en direction de "manifestants non armés" avant de comprendre la situation lorsque l'un deux est visé par un sniper de l'équipe de l'hôtel Ukraïna.

Qui sont ces snipers ?

L'enquête d'ARD n'apporte pas la réponse sur l'identité de cette deuxième équipe, mais elle remet en cause la version officielle du nouveau pouvoir ukrainien qui faisait porter la responsabilité des morts de la place Maïden à la Russie et à l'ancien président pro-russe Viktor Ianoukovitch. Au niveau des hypothèses, l'extrême droite, souvent pointée du doigt lors de ces événements, demeure un suspect potentiel. Dans le reportage, des représentants des victimes évoquent aussi l'absence de transparence dans la conduite de l'enquête par les autorités ukrainienne."Ils couvrent leurs hommes", accuse l'un d'entre eux.

Une enquête préliminaire de la CPI (Cour pénale international) doit maintenant permettre de faire l'éclairage sur les événements de la place Maïden. L'objectif de cette première étape est de déterminer si "les critères nécessaires à l'ouverture d'une enquête sont réunis". L'Ukraine a assuré an avril qu'elle acceptait la juridiction de la CPI pour enquêter sur ces violences qui se sont déroulés entre le 21 novembre au 22 février.