Guerre en Ukraine : pourquoi les soldats ukrainiens ont-ils reçu l'ordre de quitter Sievierodonetsk ?

Vendredi, Kiev a demandé à ses forces de faire céder le verrou qu'ils tenaient jusqu'à présent sur cette ville du Donbass. La ville est le théâtre de bombardements intenses de l'armée russe depuis plusieurs jours.

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Radio France
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Un char ukrainien sur une route dans la région du Donbass, à l'Est du pays, le 21 juin 2022. (ANATOLII STEPANOV / AFP)

La ville ukrainienne de Sievierodonetsk, dans le Donbass, est un verrou. Ou du moins l'était encore, après quatre mois de guerre en Ukraine. Cette cité, dont la prise par Moscou, serait une une étape cruciale dans le plan de conquête russe de l’Est de l’Ukraine. Pour l'instant, elle échappe encore aux forces russes. Mais les forces ukrainiennes ont reçu l'ordre de se retirer de la ville, vendredi 24 juin 2022, au lendemain de la validation par l'Union européenne de la candidature de Kiev.

Un retrait, dans les faits, aussi symbolique soit-il, rendu nécessaire afin d’échapper à l’encerclement. Depuis plusieurs jours, les forces de Moscou réalisent une percée importante dans ce district de Lougansk. Un représentant des séparatistes prorusses a ainsi affirmé que les forces ukrainiennes étaient sur le point d'être coupées de leurs lignes, après des semaines de combats et de bombardements.

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Cette conquête de Sievierodonetsk, dont toutes les infrastructures essentielles ont déjà été détruites, est une étape capitale pour les forces russes qui se rapprochent de Lyssychansk dernière grande ville de ce district de Lougansk échappant encore à Moscou. L’objectif pour l’armée Russe est clair : poursuivre sa campagne de bombardement et de frappes pour préparer l’assaut contre les villes de Sloviansk et Kramatorsk, dans le district de Donetsk, deux bastions contrôlés aujourd'hui par les forces ukrainiennes. 

Même si ce retrait ukrainien de Sievierodonetsk était attendu, c'est le coup le plus dur subi par Kiev, depuis le lancement officiel de l’offensive de Moscou dans le Donbass, le 19 avril. Le prix humain à payer était intenable : certaines sources évoquent 2 à 300 soldats ukrainiens tués quotidiennement. La BBC parle de 500 morts certains jours. C’est donc face à ce carnage que l’Ukraine a décidé d’opérer un retrait stratégique et ne pas subir le même sort que lors de la bataille de Marioupol, quand les soldats de Kiev, assiégés, avaient dû se rendre.

Le manque de ravitaillement

Par ailleurs, dans cette zone de l'est du pays, les forces ukrainiennes sont très éloignées de leurs lignes d’approvisionnement, contrairement aux Russes, dont la frontière est proche. Les forces du Kremlin peuvent ainsi compter sur un ravitaillement permanent, notamment sur le plan des munitions. C’est ce qui manque aux Ukrainiens, mis à mal par la puissance de feu de l’artillerie et de l’aviation russes.

Les forces de Kiev fondent désormais leurs espoirs sur l’arrivée d’armements lourds réclamés régulièrement aux alliés occidentaux, comme les lance-roquettes multiples américains de type Himars. Mais pas sûr que ce soit suffisant pour repousser l’assaut de Moscou, qui semble lancé vers la conquête du disctrict de Lougansk. Avant, peut-être celle de Donetsk, qui scellera, de fait, son offensive dans le Donbass.

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