Ukraine : Moscou et Kiev trouvent un accord pour une trêve dans l'est du pays

Kiev évoque un cessez-le-feu, Vladimir Poutine présente un plan de sortie de crise, mais les Occidentaux restent prudents.

Le président Russe Vladimir Poutine et son homologue Ukrainien Petro Porochenko se saluent, à Minsk (Biéolorussie), le 26 août 2014.
Le président Russe Vladimir Poutine et son homologue Ukrainien Petro Porochenko se saluent, à Minsk (Biéolorussie), le 26 août 2014. (SERGEI BONDARENKO / REUTERS)

L'espoir d'un cessez-le feu entre les forces ukrainiennes et les séparatistes pro-Russes a refait surface, mercredi 3 septembre, avec l'annonce d'un accord trouvé entre Kiev et Moscou, puis la présentation d'un plan de sortie de crise par Vladimir Poutine. Mais ces progrès diplomatiques sont accompagnés d'un certain scepticisme chez les pays occidentaux.

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Selon Kiev, le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine seraient d'abord tombés d'accord sur un "cessez-le-feu permanent" dans l'est de l'Ukraine. Les mesures doivent concerner la région du Donbass, autour de Louhansk et Donetsk, en partie contrôlée par les séparatistes pro-russes.

La Russie joue sur les mots

"Un accord mutuel a été conclu concernant les mesures qui permettront d'établir la paix", déclare Kiev dans un communiqué, diffusé après un entretien téléphonique entre les deux dirigeants. De son côté, Moscou avait, dans un premier temps, affirmé que "les points de vue des deux présidents coïncident largement sur de possibles moyens de sortir de cette grave situation de crise".

Sans remettre en cause l'accord, la Russie a toutefois déclaré peu après l'annonce ukrainienne qu'elle ne pouvait "physiquement pas négocier un cessez-le-feu en Ukraine, car elle n'est pas partie prenante du conflit". Une nuance dans la continuité de la stratégie de communication de Moscou, qui nie fournir une aide directe aux séparatistes depuis le début des affrontements. Le Kremlin a pourtant de plus en plus de mal à nier sa présence en Ukraine.

Poutine présente un plan en sept points

D'ailleurs, quelques heures plus tard, Vladimir Poutine a présenté un plan de sortie de crise en sept points qui ressemble fort à un accord de cessez-le-feu qui ne dit pas son nom. "J'ai ébauché quelques réflexions, un plan d'action" a déclaré le président russe lors d'un discours tenus au cours d'une visite en Mongolie. La priorité du Kremlin est de "mettre fin aux opérations offensives" dans les régions de Donetsk et de Lougansk (est), par l'armée ukrainienne comme par les rebelles.

Il propose également un retrait des forces armées ukrainiennes à une distance suffisante pour exclure des tirs d'artillerie sur les localités situées dans la zone de conflit, de mettre en place un contrôle international de l'application d'un futur cessez-le-feu et de renoncer à l'utilisation des forces aériennes contre les civils.

Les trois points restants prévoient un échange de prisonniers de guerre "sans conditions préalables", l'ouverture de couloirs humanitaires pour les réfugiés et la livraison de l'aide humanitaire dans l'est de l'Ukraine, ainsi que l'envoi dans cette région des équipes chargées de la reconstruction des infrastructures détruites au cours du conflit.

Les Occidentaux restent prudents

Face à ce avancées diplomatiques, l'Union européenne, mais surtout Barack Obama sont restés très prudents : "Si la Russie est effectivement (...) prête à trouver un accord politique c'est quelque chose que nous appelons tous de nos voeux, a déclaré le président américain. Mais cela implique de respecter les normes internationales. Ce n'est pas ce que nous avons vu en Ukraine". 

Le président américain, en visite en Estonie, a ensuite lancé un appel à l'Otan pour renforcer les défenses militaires de l'Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie. Dans la foulée, le ministère polonais de la Défense a annoncé qu'un exercice militaire regroupant une douzaine de pays, dont les Etats-Unis, se dérouleraient du 13 au 26 septembre dans l'Ouest de l'Ukraine. L'heure n'est donc pas encore à la détente.