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Ukraine : la rue s'embrase, la diplomatie s'en mêle

Pendant que manifestants pro-européens et forces de l'ordre s'affrontent dans les rues de Kiev, une autre bataille se joue à distance, entre la Russie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

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Un manifestant pro-européen transporte des pneus pour les brûler à Kiev (Ukraine) sur le lieu des affrontements avec les forces de l'ordre, le 23 janvier 2014. (REUTERS)

Kiev continue de s'embraser, après déjà deux mois de protestations. Le face-à-face se poursuit, jeudi 23 janvier, entre manifestants pro-européens et forces de l'ordre. La veille, cinq personnes avaient trouvé la mort dans les violents affrontements qui se jouent dans la capitale ukrainienne.

Pendant que les combats continuent dans les rues, la diplomatie s'active, avec des réactions très inégales selon les pays.

La Russie dénonce "l'ingérence" européenne

Depuis le début de la semaine, la Russie multiplie les signes de soutien au régime de Viktor Ianoukovitch et ne cesse de donner de la voix pour dénoncer "l'ingérence" de pays étrangers en Ukraine. Comprendre l'Europe, accusée de manipuler les manifestants qui défendent un rapprochement avec Bruxelles plutôt qu'avec Moscou.

Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a condamné mardi le soutien "indécent" apporté selon lui à l'opposition par les Européens. Et son vice-ministre Grigori Karassine de poursuivre mercredi : "Le pouvoir légitime en Ukraine se heurte à des ingérences étrangères."

Le message reste le même jeudi, du côté du Kremlin. "Nous ne pensons pas avoir le droit d'intervenir dans les affaires intérieures de l'Ukraine de quelque manière que ce soit", martèle le porte-parole du président Vladimir Poutine dans une interview à un quotidien populaire.

L'UE reste timide et évoque "de possibles actions"

Pendant ce temps, l'Union européenne ne lance que de timides condamnations. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est dit "choqué" mercredi par la mort des manifestants et a déploré "dans les termes les plus forts l'usage de la force et les violences".

José Manuel Barroso brandit la menace "de possibles actions" de l'UE, sans avancer d'éléments concrets sur d'éventuelles sanctions. Exactement ce que réclamait le Washington Post mardi dans un éditorial repéré par RFI : le quotidien américain s'en prenait aux dirigeants de l'UE, qui "semblent avoir abandonné l’Ukraine au moment où il faudrait agir pour arrêter la répression exercée par monsieur Ianoukovitch".

Problème : aucun consensus n'existe au sein de l'UE sur la marche à suivre, rappelle Libération (article payant). Pour le quotidien, une grande partie des Européens veulent à tout prix éviter de braquer la Russie, essentielle dans les épineux dossiers du nucléaire iranien et du conflit syrien.

Les Etats-Unis prennent une première sanction

A contrario, les Etats-Unis affichent leur fermeté et ont déjà annoncé des sanctions mercredi. Le pays a révoqué les visas de plusieurs Ukrainiens "liés aux violences", sans s'étendre sur l'identité ou les fonctions de ces personnes. Washington ajoute ne pas s'interdire "d'autres mesures contre les responsables des violences actuelles".

De telles actions avaient été envisagées dès le 8 janvier dernier, rappelle Le Nouvel Observateur. Le Sénat américain avait alors voté une résolution appelant à des "sanctions ciblées" en cas de nouvelles violences "contre des manifestants pacifiques". Prochaine étape évoquée par Washington dans le texte : le "gel des avoirs" des responsables des violences.

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