Ukraine : nouvelle vague de sanctions contre Vladimir Poutine et la Russie

L'Europe, les Etats-Unis et la France durcissent le ton alors que la première vague de sanctions contre Moscou n'a pas semblé affecter le dirigeant russe.

La présidente du Conseil de la fédération russe Valentina Matvienko et le président Vladimir Poutine, le 26 décembre 2011 à Moscou (Russie).
La présidente du Conseil de la fédération russe Valentina Matvienko et le président Vladimir Poutine, le 26 décembre 2011 à Moscou (Russie). (MIKHAIL KLIMENTYEV / RIA NOVOSTI / AFP)

Une nouvelle série de sanctions s'abat sur la Russie. Les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis à Bruxelles (Belgique) ont décidé, vendredi 21 mars, d'ajouter douze noms à la liste des personnalités russes sanctionnées après la crise en Ukraine.

Parallèlement, l'Allemagne et la France ont annoncé la suspension de leur coopération militaire avec la Russie. Retour sur ces annonces dont l'objectif est d'isoler Moscou sur la scène internationale, en représailles de l'intégration de la Crimée, jadis ukrainienne, à la fédération de Russie.

Des proches de Poutine sanctionnés

Cette fois, l'UE se rapproche du président russe. Selon les informations de France 2, le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine, la présidente du Conseil de la fédération Valentina Matvienko et le président de la Douma Sergueï Narychkine figurent sur cette liste. S'y trouve aussi le présentateur vedette de la télévision publique Russie 24, Dmitri Kisselev.

Vendredi, à l'issue du Conseil européen, à Bruxelles (Belgique), François Hollande n'a pas détaillé la liste des personnalités visées mais a indiqué trois types de sanctions différentes : individuelles, diplomatiques (la suspension de certaines réunions entre l'UE et la Russie), et économiques (réduction les relations commerciales économiques avec la Crimée).

POOL

Lundi, les ministres des Affaires étrangères européens avait déjà décidé de sanctionner 21 responsables ukrainiens et russes. Parmi eux : des parlementaires, des membres des instances de sécurité, un haut responsable du ministère de la Défense. Bref, des personnes puissantes, mais encore éloignées de Vladimir Poutine, qu'il convenait alors de ne pas trop froisser. Son indifférence à la première salve de sanctions a convaincu les ministres rassemblés à Bruxelles vendredi de durcir le ton. 

La suspension de la coopération militaire

Dans la foulée, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé la suspension de la coopération militaire entre la France et la Russie. Elle concerne plusieurs activités telles que les échanges de visites et les exercices conjoints. Quatre cents militaires russes étaient notamment attendus fin mai, début juin à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour faire connaissance avec les navires Mistral achetés à la France en 2011.

Cette annonce compromet-elle le déroulement de ce partenariat ? Si la France avait envisagé de suspendre ce contrat d'armement avec la Russie, Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi que la question de la vente de ces deux navires Mistral serait tranchée au mois d'octobre.

Par ailleurs, les deux pays restent en contact dans le cadre de la mise en œuvre des engagements internationaux, a précisé l'entourage du ministre.

Les Etats-Unis attaquent l'économie russe 

Alors que la première série de sanctions contre des personnalités russes, annoncée lundi par les Etats-Unis, n'a pas eu d'impact particulier sur l'économie, la deuxième a eu des effets plus perceptibles : dès vendredi matin, les clients de plusieurs banques russes ont eu la mauvaise surprise de ne plus pouvoir utiliser leurs cartes bancaires Visa ou Mastercard pour effectuer leurs achats ou retirer de l'argent aux distributeurs d'autres établissements. Les deux géants américains des cartes bancaires ont en effet mis fin à leurs services de paiement pour les clients de ces banques.

Concernée en premier lieu, la banque russe Rossia a été nommément visée par Washington. Elle compte parmi ses clients 470 000 particuliers et 24 000 entreprises. "La situation s'est détériorée" depuis jeudi, commente un analyste chez Investcafe. A tel point que l'agence de notation financière Standard and Poor's a annoncé qu'elle dégradait la perspective de la note de la Russie à "négative". Une décision immédiatement imitée par Fitch.

Barack Obama a par ailleurs averti que les Etats-Unis pourraient à l'avenir s'en prendre à des secteurs-clés de l'économie russe.