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Ukraine : comment le conflit se déplace sur le terrain économique

Alors que le russe Gazprom a annoncé un relèvement, dès avril, des tarifs du gaz accordés à l'Ukraine, Washington et Bruxelles ont annoncé des mesures d'aides financières pour soutenir Kiev.

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Un bureau de change roubles-dollars-euros à Moscou (Russie), le 3 mars 2014. (ALEXANDER ZEMLIANICHENKO / AP / SIPA )

Chaque camp dégaine ses dollars pour éviter la guerre. Le conflit en Ukraine se déplace sur le terrain économique. Lors d'une conférence de presse, mardi 4 mars, Vladimir Poutine a lui-même temporairement écarté l'idée d'une intervention armée chez son voisin, pour répondre aux menaces occidentales de sanctions contre Moscou. Francetv info déroule le fil des derniers développements de la crise. 

Les Etats-Unis prennent des sanctions diplomatiques 

Lundi soir, les Etats-Unis annoncent avoir "suspendu tous les liens militaires" entre Washington et Moscou à la suite de l'intervention russe en Crimée. Les services du représentant américain au Commerce annoncent parallèlement la suspension de négociations bilatérales à venir dans les domaines du commerce et des investissements.

Le message de l'administration Obama est clair : "La Russie doit faire retomber" les tensions, "faire rentrer ses troupes dans leurs casernes" et "négocier" avec le gouvernement ukrainien. Faute de quoi, Washington prendra "très bientôt" des "mesures plus fermes" telles que des "sanctions" contre des personnes physiques et morales. C'est une question "de jours, pas de semaines".

Dans la foulée, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis en urgence, évoquent aussi la possibilité de "mesures ciblées". Il s'agirait du gel des avoirs de certains dirigeants russes et d'interdictions de visas. Le chef de la diplomatie français, Laurent Fabius, ajoute que "les ponts" pourraient être "coupés sur beaucoup de sujets", comme sur un accord économique. 

Gazprom décrète la fin de la ristourne sur le gaz ukrainien 

Mesure de rétorsion ? Mardi, le géant gazier russe Gazprom annonce avoir décidé de mettre fin à partir du mois d'avril à la baisse du prix du gaz vendu à l'Ukraine. Après le refus des autorités ukrainiennes de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, Moscou avait accordé en décembre à Kiev un prêt de 15 milliards de dollars et une baisse de 30% sur les prix du gaz. Seuls trois milliards de dollars ont été versés sur ce prêt et la Russie avait la possibilité de revenir sur le rabais du prix du gaz dès la fin mars.

"Etant donné que l'Ukraine ne remplit pas ses obligations, ne remplit pas les accords sur l'octroi d'un rabais signés dans un avenant au contrat, Gazprom a décidé de ne pas prolonger la durée de ce rabais, et ce dès le mois prochain", affirme son patron, Alexeï Miller. 

Lors de sa conférence de presse, Vladimir Poutine souligne que malgré cette ristourne, la dette gazière de l'Ukraine va atteindre deux milliards de dollars. "Dans ces conditions, Gazprom dit que si de toutes façons ils ne paient pas, autant fixer un prix normal, et non réduit", justifie le président russe. 

Washington annonce un prêt d'un milliard de dollars à Kiev

La partie de ping-pong économique se poursuit. En visite dans la capitale ukrainienne mardi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry annonce aussitôt une assistance économique et technique des Etats-Unis aux nouvelles autorités au pouvoir. Cette aide pourrait prendre la forme d'un prêt d'un montant d'un milliard de dollars.

Le département du Trésor américain promet l'envoi d'experts pour conseiller les dirigeants de la banque centrale ukrainienne et le ministère des Finances sur la manière de faire face aux défis économiques et de combattre la corruption.

Bruxelles va aider l'Ukraine à payer ses achats de gaz

L'Union européenne sort à son tour le carnet de chèques. Le commissaire européen à l'Energie, Gunther Oettinger, annonce que l'UE va aider l'Ukraine à régler sa dette de deux milliards de dollars pour ses achats de gaz russe, et peut également lui fournir du gaz. 

"L'aide de la Commission sera complétée par des aides accordées par certains Etats", détaille Gunther Oettinger, soulignant que l'aide d'un milliard de dollars annoncée par les Etats-Unis servirait également à régler cette dette.

La Commission européenne doit présenter mercredi les contours de son aide pour l'Ukraine. Elle collabore sur ce plan avec le Fonds monétaire international (FMI), qui devrait apporter l'aide financière la plus importante.

Le nouveau gouvernement ukrainien a demandé au FMI une aide d'au moins 15 milliards de dollars pour éviter la faillite. Voulant éviter de se faire prendre de vitesse par les Occidentaux, Vladimir Poutine a assuré que la Russie avait l'intention de contribuer aux mesures que proposerait le FMI. Sous quelle forme ? Tout reste à définir. 

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